La franchise qui a eu l’audace de marier Donald Duck à Final Fantasy franchit un nouveau cap. Disney a officiellement commandé, lors du showcase D23 à Anaheim ce vendredi 15 août, une série anime Kingdom Hearts destinée à Disney+ et Disney Channel, développée en étroite collaboration avec Tetsuya Nomura et les équipes de Square Enix.
Vingt-quatre ans après l’apparition de Sora sur PlayStation 2, la saga aux 39 millions d’exemplaires écoulés s’offre donc sa première déclinaison animée. Le projet, encore sous titre provisoire, promet une histoire inédite qui étendra l’univers des jeux tout en convoquant les personnages que des millions de joueurs ont adoptés depuis 2002. Une première image dévoilée pendant la conférence montre le protagoniste armé de sa légendaire Keyblade, prêt à reprendre du service sur petit écran. Quant à la date de diffusion… rien n’a filtré.
Ayo Davis, présidente de Disney Kids & Family, a tenu à souligner l’ambition du projet. « Il y a quelque chose de vraiment enthousiasmant dans le fait de prendre un monde que les fans explorent depuis des années à travers les jeux et de lui donner vie d’une manière totalement nouvelle », a-t-elle déclaré, ajoutant que la série sera « indiscutablement Kingdom Hearts » grâce à l’implication directe de Nomura. Le créateur japonais, architecte de chaque volet de la franchise depuis ses origines, semble ainsi demeurer le gardien du temple, du moins sur le plan créatif.
L’annonce a été portée sur scène par l’acteur Benjamin Bratt, qui a dans la foulée révélé qu’il prêterait à nouveau sa voix à Ernesto de la Cruz dans Kingdom Hearts IV. Le quatrième opus accueillera en effet un monde inspiré de Coco, le film Pixar sorti en 2017, et vise désormais une sortie fin 2027. Square Enix avait déjà dévoilé plus tôt cet été de nouvelles séquences de gameplay, confirmant au passage la disponibilité du jeu dès le lancement sur Nintendo Switch 2.
La série anime rejoint un catalogue Disney+ qui multiplie les productions d’animation originales (Messi and the Giants, Warrior Cats, Journey) et s’inscrit dans une vague plus large d’adaptations télévisées de jeux vidéo. Après le triomphe planétaire de certaines transpositions récentes, Disney mise visiblement sur l’une de ses propriétés hybrides les plus singulières pour capter à la fois le public anime et les familles. Peut-être est-ce aussi l’occasion rêvée d’offrir aux néophytes une porte d’entrée dans un lore devenu, au fil de treize jeux, notoirement labyrinthique.
Reste une question que tout fan de la première heure se pose avec une pointe d’inquiétude légitime : une narration conçue pour le format épisodique saura-t-elle restituer l’alchimie improbable entre la mélancolie de Nomura et l’optimisme Disney, ce mélange qui a fait de Kingdom Hearts bien davantage qu’un crossover commercial ? La réponse viendra avec les premières images animées de Sora, quelque part entre Traverse Town et nos écrans.

