Les usines de Zhengzhou tournent déjà à plein régime, et Foxconn vient d’enclencher sa plus grande campagne d’embauche de l’année pour assembler les iPhone 18 Pro et Pro Max, désormais entrés en phase de production de masse selon le China Securities Journal. Le calendrier, rodé depuis une décennie, ne souffre aucun retard puisque les premiers exemplaires doivent être prêts à expédier moins de deux semaines après l’annonce officielle d’Apple, attendue en septembre.
L’ampleur de la mobilisation se lit dans les chiffres offerts aux ouvriers. Le salaire horaire atteint 27 yuans sur le site principal de Zhengzhou, tandis que les primes de retour grimpent jusqu’à 7 500 yuans pour les anciens employés qui réintègrent les lignes d’assemblage. En août 2025, la prime d’embauche avait déjà culminé à environ 1 113 dollars pour quiconque restait trois mois en poste. L’escalade des incitations financières trahit une réalité connue du secteur manufacturier chinois, celle d’une main-d’œuvre saisonnière de plus en plus difficile à capter quand plusieurs géants de l’électronique se disputent les mêmes bras au même moment.
Foxconn doit cette année composer avec une contrainte inédite dans le cycle de production Apple. Le constructeur de Cupertino a décidé de scinder son calendrier de lancement, réservant la fenêtre automnale aux seuls modèles Pro et au très attendu iPhone pliable, tandis que l’iPhone 18 standard, l’iPhone 18e et l’iPhone Air 2 ne verraient le jour qu’au printemps 2027. Cette cadence échelonnée permet aux chaînes d’assemblage de se concentrer entièrement sur les références haut de gamme pendant la période des fêtes, là où la demande est historiquement la plus forte, puis de maintenir un rythme de fabrication soutenu sur les deux trimestres suivants avec les modèles d’entrée de gamme. Qui peut encore prétendre qu’Apple ne pense pas ses lancements comme un outil de lissage financier ?
Les améliorations techniques promises sur l’iPhone 18 Pro justifient en partie cette attention manufacturière concentrée. Le Dynamic Island, cette encoche oblongue apparue avec l’iPhone 14 Pro, verrait sa largeur passer de 20,76 mm à 13,49 mm, soit une réduction d’environ 35 % de la surface occupée et un ratio écran-corps poussé aux alentours de 94,7 %. Apple intégrerait aussi la puce A20 Pro, accompagnée d’un capteur photo principal doté d’une ouverture variable capable d’ajuster l’entrée de lumière selon les conditions de prise de vue… un mécanisme emprunté à la photographie traditionnelle qui devrait sensiblement améliorer les performances en basse lumière et le contrôle de la profondeur de champ.
Les analystes financiers chinois observent cette montée en puissance avec un optimisme mesuré. CSC Financial souligne que les ventes de l’iPhone 17 ont été solides et que le cycle d’innovation d’Apple s’inscrit dans une trajectoire ascendante, portée par la perspective d’un iPhone pliable et de lunettes connectées entre 2026 et 2027. Industrial Securities recommande de son côté de suivre les opportunités à moyen et long terme liées à l’expansion d’Apple Intelligence et au renouvellement matériel, estimant que l’intelligence artificielle embarquée et l’innovation hardware continueront de tirer le segment premium du smartphone.
Reste la question du prix, qui plane sur toute cette mécanique industrielle. Plusieurs sources chinoises évoquent déjà des hausses tarifaires sur les modèles Pro comme sur le futur iPhone pliable, dans un contexte où Apple a récemment relevé les tarifs de la quasi-totalité de sa gamme existante. La machine Foxconn tourne, les ouvriers affluent, les composants s’empilent, du moins le rythme l’exige, et c’est finalement le consommateur qui arbitrera entre l’appétit technologique et le seuil de tolérance de son portefeuille.

