Dix jours sans le moindre grondement au-dessus de la Space Coast, dix jours de silence sur les pas de tir floridiens, et c’est un Falcon 9 qui devrait rompre cette torpeur le dimanche 13 septembre entre 14 h 40 et 17 h 10 heure locale, soit entre 20 h 40 et 23 h 10 en France, depuis le Launch Complex 40 de Cape Canaveral.
La mission, baptisée mPOWER-F, emportera les trois derniers satellites de la constellation O3b mPOWER pour le compte de l’opérateur luxembourgeois SES, qui a confirmé leur arrivée au Cap. Treize engins de télécommunications graviteront alors en orbite terrestre moyenne, un maillage pensé pour connecter les zones les plus reculées de la planète. La Federal Aviation Administration a déjà inscrit le tir sur son plan d’opérations. SpaceX, fidèle à ses habitudes, n’a pas encore officiellement validé le créneau.
Le dernier décollage depuis la Floride remonte au 30 août, quand un Falcon Heavy avait arraché du sol le télescope spatial Nancy Grace Roman pour le compte de la NASA. Depuis… rien. Un vide inhabituel sur un littoral qui avait enchaîné 109 lancements orbitaux en 2025 et aligné déjà 55 fusées au cours du premier semestre 2026. La cadence semblait inarrêtable, elle s’est pourtant bien figée.
Le report de la mission Crew-13, treizième rotation d’équipage vers la Station spatiale internationale, a aggravé cette pause forcée. Une fuite d’oxydant détectée sur le système de propulsion de la capsule Dragon a repoussé le vol à fin septembre au plus tôt, privant Kennedy Space Center d’un événement médiatique attendu.
Kiko Dontchev, vice-président en charge des lancements chez SpaceX, a pourtant déjà annoncé la suite des opérations : « À partir de maintenant, les missions Starlink depuis la Floride voleront sur Starship ». Trois tours de lancement dédiées au mastodonte sont en construction simultanée sur le sol de floride (une au LC-39A de Kennedy, deux au SLC-37 de Cape Canaveral), et le premier tir est visé avant la fin de l’année. Le Falcon 9 qui décollera dimanche pour SES appartient donc peut-être à une espèce en voie de raréfaction sur cette côte atlantique.
La semaine blanche de la Space Coast n’est alors qu’un entracte, un souffle repris avant la mue. Ce qui se prépare dans les hangars de Floride dépasse largement le rythme de 80 missions Starlink déjà bouclées en 2026 depuis Vandenberg, en Californie. Le pas de tir 40, dimanche après-midi, servira de trait d’union entre deux époques du vol spatial commercial, celle du Falcon 9 triomphant et celle, encore incertaine, du Starship qui doit tout dévorer.

