923 millions de dollars engrangés sur le seul territoire nord-américain en six semaines d’exploitation, et un écart qui fond comme neige au soleil face aux 936 millions de Star Wars: The Force Awakens. Spider-Man: Brand New Day n’est plus en train de chasser le record domestique all-time : il est en train de le dévorer.
Quiconque pensait que le plafond posé par le film de J.J. Abrams en 2015 était inatteignable raisonnait avec les paradigmes d’un marché révolu. Le blockbuster Marvel-Sony a pulvérisé le seuil des 900 millions en 36 jours, là où The Force Awakens avait eu besoin de 50 jours pour y parvenir, soit un rythme d’accumulation 28 % plus rapide que celui de la plus grande machine à cash que Lucasfilm ait jamais produite. Avec une projection estimée à 23,3 millions sur le week-end prolongé de Labor Day selon Variety, le différentiel se réduit désormais à une poignée de millions que deux ou trois semaines d’exploitation suffiront à combler, même si l’inflation du prix des places et la surtarification des écrans IMAX rappellent que le record tombera avec environ 35 millions de tickets vendus en moins qu’à l’époque de la saga galactique.
Tom Holland, qui a déjà empoché 20 millions de dollars en salaire fixe et pourrait toucher jusqu’à 100 millions grâce aux participations sur les recettes, incarne aujourd’hui le centre de gravité financier de l’univers Marvel avec une efficacité que ni Robert Downey Jr. ni Chris Evans n’avaient atteinte à ce stade de leur arc narratif. Le film réalisé par Destin Daniel Cretton a par ailleurs franchi les 2,4 milliards à l’échelle mondiale, se hissant au troisième rang historique derrière Avatar (2,9 milliards) et Avengers: Endgame (2,7 milliards), devant Avatar : La Voie de l’eau et ses 2,3 milliards.
Six week-ends consécutifs en tête du box-office nord-américain, une longévité que seul Avatar : La Voie de l’eau et ses sept semaines de règne avaient dépassée depuis la pandémie, montrent à quel point la concurrence estivale a été incapable de freiner l’élan de Peter Parker. Les sorties de Labor Day, notamment le thriller By Any Means (7,4 millions sur le week-end classique) et la suite Fall 2: Deadpoint (2,3 millions en ouverture), ont capitulé sans combattre. Même L’Odyssée de Christopher Nolan, pourtant solidement installée à 584 millions, n’a pu contester la première place, se contentant d’un honorable deuxième rang avec 13 millions sur trois jours.
Le véritable enseignement de cette course au trône tient dans ce que le marché refuse encore d’admettre pleinement. The Force Awakens avait bénéficié en 2015 d’un effet de retrouvailles générationnel avec la saga Star Wars, un événement culturel jugé alors irrépétable. Brand New Day prouve qu’une franchise suffisamment bien exécutée (la critique saluant d’ailleurs le meilleur film Spider-Man depuis plus de vingt ans) peut fabriquer exactement le même magnétisme et l’amplifier grâce à un écosystème de fans nourri par une décennie de MCU. Le pouvoir de mobilisation ne repose pas sur la nostalgie mais bien sur la continuité narrative et l’investissement émotionnel cumulé.
Les recettes estivales domestiques ont atteint 4,73 milliards de dollars, frôlant le record absolu de 2013 (4,755 milliards), et l’industrie vise désormais la barre symbolique des 10 milliards annuels pour la première fois depuis la pandémie, portée par un dernier trimestre chargé avec Avengers: Doomsday, Dune: Part Three et Jumanji 3.
Spider-Man: Brand New Day devrait logiquement coiffer au poteau The Force Awakens d’ici la mi-septembre et personne dans l’industrie ne parie sérieusement contre cette issue.

