Paramount Pictures et Legendary Pictures ont dévoilé une nouvelle bande-annonce du film Street Fighter qui confirme, avec une paire d’yeux violets luisants et quelques répliques bien senties sur les ténèbres intérieures, l’apparition d’Evil Ryu dans l’adaptation live-action prévue pour le 16 octobre 2026. La version sombre du héros emblématique de Capcom n’avait plus pointé le bout de son poing ensanglanté depuis bientôt dix ans dans la franchise. Son retour sur grand écran donne à cette adaptation un parfum de fan service assumé qui pourrait, pour une fois, ne pas sentir le réchauffé.
Andrew Koji (vu dans Bullet Train) enfile le kimono de Ryu tandis que Noah Centineo se drape du gi rouge de Ken Masters, les deux rivaux-frères dont la séparation passée constitue le nœud dramatique du film réalisé par Kitao Sakurai, connu jusqu’ici pour The Eric André Show, ce qui en soi constitue déjà une coïncidence entre le chaos comique et le hadoken. La bande-annonce déploie leur réconciliation forcée quand Chun-Li (incarnée par Callina Liang), dont l’appartement tapissé de dossiers et de photos de M. Bison épinglées au nunchaku évoque une obsession méthodique, recrute Ryu pour infiltrer le World Warrior Tournament et sauver Ken des griffes du tournoi.
Le casting réunit pas mal de célébrités avec notamment Roman Reigns en Akuma, David Dastmalchian en M. Bison, Jason Momoa en Blanka et Cody Rhodes en Guile. Des catcheurs, un culturiste aquatique, un acteur de genre… on sent une volonté de transformer chaque personnage en événement physique à lui seul. On retrouve la même logique de casting chez God of War, où Dave Bautista enfile la peau de Kratos pour la série Prime Video.
Le concept du Satsui no Hado, pulsion meurtrière qui dans les jeux transforme les pratiquants de l’Ansatsuken en machines à tuer, semble occuper une place partculière dans l’arc narratif de Ryu, lequel aurait abandonné le combat après avoir goûté à cette énergie démoniaque. Les figurines Hasbro dévoilées au San Diego Comic-Con 2026 avaient déjà vendu la mèche en incluant un « Dark Ryu » dans la gamme, avant même que la bande-annonce ne montre le personnage en train d’écraser méthodiquement le visage de Ken contre un mur de briques. On notera que l’adaptation de 1994 avec Jean-Claude Van Damme avait soigneusement évité tout élément fantastique de ce type, préférant les bérets et les combinaisons militaires à la métaphysique martiale.
La bande-annonce, portée par le « Ambitionz az a Ridah » de 2Pac, enchaîne les mouvements iconiques des jeux avec une générosité suspecte, du Hundred Hand Slap d’E. Honda (interprété par le lutteur japonais Hirooki Goto) au Tatsumaki Senpukyaku de Ryu, en passant par un Akuma qui semble utiliser le Satsui no Hado pour terrasser le personnage de Joe, incarné par Alexander Volkanovski. Cette accumulation de coups spéciaux démontre en tout cas une volonté de respecter le matériau d’origine jusque dans la chorégraphie.
Street Fighter sortira dans les salles le 16 octobre 2026, et la question qui flotte désormais au-dessus du tournoi n’est pas tant de savoir si Ryu cédera à ses démons, mais si une adaptation de jeu de combat peut enfin tenir la distance au-delà de la nostalgie et des uppercuts bien cadrés.
À voir : la bande-annonce officielle de la version live-action de Street Fighter dévoilée par Paramount.

