La sœur de Matthew Perry, Mia Perry Bowick, a accepté pour la première fois de livrer ses souvenirs devant une caméra. Une décision qui donne à la docusérie « The One About Matthew Perry » une intimité que les précédents portraits de l’acteur n’avaient jamais effleurée. Netflix a officialisé la mise en production de ce projet en trois épisodes, réalisé par Mary Robertson (à qui l’on doit le glaçant Quiet on Set: The Dark Side of Kids TV), avec une diffusion fixée au 27 octobre 2026 sur la plateforme.
Perry Bowick glisse dans un communiqué cette phrase qui dit tout de la douleur et de la pudeur mêlées « Il m’a fallu du temps pour me sentir prête à partager ces souvenirs et raconter ce que signifiait aimer Matthew à travers toute la complexité de sa vie, le voir comme une personne entière, et pas uniquement comme Chandler, ni uniquement comme quelqu’un qui luttait contre l’addiction ». On devine derrière la politesse du mot, l’ampleur de ce qu’il a fallu traverser avant de s’asseoir face à l’objectif.
Le documentaire s’appuiera sur des photos et vidéos inédites issues des archives privées de la famille Perry, entrelacées aux témoignages de ses amis les plus proches et de ses collaborateurs artistiques, ceux qui l’ont connu bien avant que le monde entier ne tombe amoureux de Chandler Bing. Robertson, qui produit via sa société Maxine Productions (filiale de Sony Pictures Television), affirme avoir voulu « laisser ceux qui aimaient Matthew révéler la personne derrière le personnage public », car le public, selon elle, n’en connaissait qu’un fragment.
L’acteur est mort en octobre 2023, à 54 ans, des suites d’une injection de kétamine suivie d’une noyade dans son jacuzzi… Cinq personnes ont depuis été condamnées à des peines de prison pour lui avoir fourni la substance, dont son assistant personnel, deux médecins, un ancien conseiller en désintoxication et une dealeuse surnommée la « reine de la kétamine ». Ce volet judiciaire, déjà bien documenté par la presse américaine et par un précédent film diffusé sur Peacock en 2025 (Matthew Perry: An American Tragedy), ne constituera vraisemblablement pas le cœur du récit. Robertson semble vouloir dépasser la chronique noire pour atteindre quelque chose de plus tendre, de plus vrai.
La production réunit autour de Robertson les producteurs exécutifs Lisa Kalikow, Eli Holzman et Aaron Saidman, tandis que Lora Moftah coproduit et que Jessica Call assure la production courante. Perry Bowick n’intervient pas côté fabrication, un choix qui préserve la liberté éditoriale du projet tout en garantissant l’accès aux souvenirs familiaux.
Peut-on raconter un homme que des millions de gens croient connaître par cœur ? Netflix parie que oui, à condition de confier le récit à ceux qui l’ont aimé dans l’ombre, loin des plateaux de tournage et des couvertures de magazines, là où le rire de Matthew Perry n’avait besoin de convaincre personne. Netflix applique le même traitement aux destins réels, comme dans The Altruists, docusérie consacrée à la chute de Sam Bankman-Fried et de FTX.

