La duchesse de Sussex pourrait bien troquer ses documentaires Netflix pour un rôle fictif dans l’une des séries les plus regardées de la plateforme, et l’hypothèse a de quoi faire sourciller. Depuis plusieurs semaines, des rumeurs persistantes circulent dans la presse britannique et américaine autour d’une apparition de Meghan Markle dans la troisième saison de The Gentlemen, la série créée par Guy Ritchie qui revisite avec panache le monde de l’aristocratie criminelle anglaise.
Netflix n’a, à ce stade, ni confirmé ni démenti l’information, pas plus que les représentants de Meghan Markle ou la production de Guy Ritchie. Ce silence soigneusement entretenu alimente davantage la spéculation qu’il ne l’éteint. La série, lancée en 2024, a été rapidement renouvelée pour une deuxième saison après avoir figuré parmi les dix programmes anglophones les plus visionnés sur la plateforme lors de sa mise en ligne. Une troisième saison reste, du moins officiellement, encore à annoncer.
L’idée d’intégrer l’ancienne actrice de Suits au casting de Guy Ritchie possède une logique commerciale redoutable. Meghan Markle est déjà liée à Netflix par un contrat de production estimé à plus de 100 millions de dollars, signé en 2020 avec le prince Harry. Ce partenariat a produit la série documentaire Harry & Meghan (2022) et le programme culinaire With Love, Meghan (2025), dont l’accueil critique fut pour le moins tiède. Passer devant la caméra dans une fiction à succès offrirait à la duchesse une occasion de renouer avec le métier qui l’a d’abord fait connaître, tout en donnant à Netflix un coup publicitaire dont la plateforme raffole.
Guy Ritchie, réalisateur londonien connu pour son sens du rythme et ses dialogues ciselés (Snatch, Lock, Stock and Two Smoking Barrels), a bâti avec The Gentlemen un univers où l’aristocratie anglaise côtoie le crime organisé avec un flegme tout britannique. Theo James y incarne Eddie Halstead, héritier d’un domaine familial qui dissimule un empire de cannabis. L’ajout d’un personnage interprété par Meghan Markle, souvent décrite comme une Américaine navigant dans les arcanes de la haute société britannique, aurait une saveur méta presque trop évidente pour être ignorée.
La question qui se pose dépasse toutefois le seul casting. Meghan Markle n’a pas tenu de rôle fictif depuis son départ de Suits en 2018, soit près de sept ans d’absence des plateaux de tournage. Son retour devant la caméra serait scruté avec une intensité que peu d’actrices subissent, chaque réplique étant inévitablement lue à travers le prisme de sa vie publique et de ses relations tumultueuses avec la famille royale. Pour la production, le calcul est à double tranchant… L’attention médiatique serait considérable, certes, mais le risque de voir la série réduite à un sujet de tabloïd existe bel et bien.
Les fans de The Gentlemen se montrent partagés sur les réseaux sociaux. Certains y voient un coup marketing susceptible de dénaturer l’esprit de la série, tandis que d’autres rappellent que Meghan Markle a démontré pendant sept saisons de Suits une aisance devant la caméra que l’on aurait tort de sous-estimer. Le casting de la série a jusqu’ici brillé par sa cohérence (Kaya Scodelario, Vinnie Jones, Ray Winstone), et toute addition devra se fondre dans cet ensemble sans le déséquilibrer.
Netflix traverse par ailleurs une période où chaque décision de programmation est pesée à l’aune de la rétention d’abonnés, la plateforme ayant dépassé les 300 millions d’utilisateurs payants début 2025. Un nom aussi polarisant que celui de Meghan Markle garantit des clics, des articles, des débats, et donc des visionnages. Que ces visionnages soient motivés par la curiosité, l’admiration ou la malveillance importe finalement assez peu dans l’économie de l’attention.
Tant que les négociations n’auront pas abouti à une annonce officielle, cette rumeur restera ce qu’elle est, un ballon d’essai lancé dans un écosystème médiatique qui ne demande qu’à s’en emparer. La seule certitude, c’est que Guy Ritchie n’a jamais eu besoin d’une duchesse pour remplir un casting, mais qu’il n’a jamais non plus refusé un bon coup de théâtre.

