Le marché américain des consoles a enregistré en juillet 2026 son pire mois de juillet depuis la pandémie de 2020, avec des ventes en unités qui ont plongé de 39 % sur un an et une dépense totale de 282 millions de dollars, en recul de 29 % selon les données du cabinet Circana. Sur le Vieux Continent, la Switch 2 de Nintendo a franchi le cap des 5,14 millions d’unités vendues depuis son lancement, un seuil que la console atteint malgré un contexte de contraction généralisée.
Le prix moyen d’une console neuve aux États-Unis a bondi de 16 % pour atteindre 542 dollars, un chiffre qui traduit directement la crise des composants mémoire et la pression qu’elle exerce sur l’ensemble de la chaîne de production. En Europe, la PS5 démarre désormais à 599,99 € dans sa version Digital (649,99 € avec lecteur), la Xbox Series X à 749,99 € en version dématérialisée, et Nintendo a annoncé une hausse tarifaire de la Switch 2 programmée pour le 1er septembre 2026. Acheter une console en 2026, c’est accepter de payer le prix d’un ordinateur portable de milieu de gamme.
Les trois constructeurs ont tous reculé sur le sol américain, avec des dynamiques pourtant très différentes. La Switch 2 a vu ses ventes chuter de 51 %, un pourcentage spectaculaire qu’il faut immédiatement rapporter à sa base de comparaison, puisque juillet 2025 tombait en pleine fenêtre de lancement de la console. La PlayStation 5 a cédé 6 %, la Xbox Series 18 %. Mat Piscatella, analyste chez Circana, a souligné que « les comparables de marché continuent d’être affectés par le lancement record de la Nintendo Switch 2 en juin 2025 », tout en précisant que « les défis vont bien au-delà de la simple cyclicité ». La hausse des tarifs liée à la crise des composants RAM a, selon lui, « significativement impacté les taux de vente de la PlayStation 5 et de la Xbox Series ».
La hiérarchie du mois aux États-Unis dessine un tableau à deux lectures, la PS5 dominant en valeur (dollars dépensés) tandis que la Switch 2 conserve la première place en volume d’unités écoulées. Nintendo peut d’ailleurs se raccrocher à un indicateur rassurant, sa nouvelle console restant 11 % en avance sur le rythme de ventes de la Switch originale au même stade de son cycle de vie. Mais un seul jeu exclusif Switch 2 est sorti en juillet (Splatoon Raiders), et le catalogue de nouveautés tous supports confondus était particulièrement maigre, ce qui a contribué à une baisse de 10 % des dépenses globales en jeux vidéo.
Le marché européen raconte une histoire légèrement différente, où la PS5 a repris la tête avec 301 537 unités vendues en juillet, devant la Switch 2 à 192 896 unités et la Xbox Series, très loin derrière, à 38 542 unités selon les estimations de VGChartz. La Switch 2 a tout de même accumulé 5,14 millions d’unités en Europe depuis son lancement, un chiffre qui témoigne d’une adoption rapide malgré le reflux estival. Sur l’ensemble de l’année 2026, PS5 et Switch 2 se retrouvent au coude-à-coude sur le continent avec environ 1,55 million d’unités chacune, quand la Xbox Series plafonne à 240 000 unités… soit à peine plus que la Switch première du nom, une console en fin de vie.
Le cas Xbox mérite est particulièrement parlant avec seulement 4 % des ventes de jeux physiques en juillet concernaient la plateforme de Microsoft, un ratio qui confirme l’effacement progressif de la marque dans le commerce de détail et interroge forcément sur la viabilité d’une présence matérielle à ce niveau d’étiage.
Juillet 2026 ressemble donc à un mois de purge. La conjonction d’un calendrier de sorties anémique, de prix gonflés par la crise des composants et d’un effet de base défavorable post-lancement Switch 2 a produit un cocktail particulièrement amer pour l’industrie. La question qui se pose désormais est celle de la rentrée, avec la hausse annoncée du prix de la Switch 2 au 1er septembre, qui pourrait soit accélérer les achats en août par anticipation, soit prolonger la glaciation au-delà de l’été.

