Shigeru Miyamoto a levé le voile sur le film live-action le plus attendu de la décennie vidéoludique à l’occasion d’un Nintendo Direct célébrant les 40 ans de la franchise Zelda. Le créateur légendaire n’a pas choisi la demi-mesure. Le long-métrage coproduit par Nintendo et Sony Pictures portera le nom le plus évident, le plus chargé, le plus lourd de sens qui soit : The Legend of Zelda. Et c’est tout…
Là où The Super Mario Bros. Movie avait opté pour un nom distinctif, le projet piloté par le réalisateur Wes Ball embrasse frontalement l’héritage du titre originel de 1986. Miyamoto a glissé lors du Direct une formule qui alimente déjà toutes les spéculations parmi les fans, « vous comprendrez pourquoi en voyant le film ». Le choix suggère que la princesse d’Hyrule occupera dans le récit une place bien plus centrale que celle de simple demoiselle en détresse, un rôle que les jeux eux-mêmes ont progressivement déconstruit depuis Breath of the Wild.
L’histoire ne sera l’adaptation d’aucun opus en particulier, et c’est probablement la décision créative la plus audacieuse du projet. Miyamoto a décrit un scénario (finalisé par T.S. Nowlin) bâti sur quatre décennies d’idées, de concepts et de mythologie accumulés à travers les jeux, un réservoir narratif d’une densité folle que l’équipe de Nintendo a directement contribué à distiller en un récit cinématographique autonome. Le producteur a également teasé le rôle de la Triforce dans l’intrigue, cette relique tripartite qui structure depuis toujours la cosmogonie d’Hyrule.
Bo Bragason incarnera Zelda, Benjamin Evan Ainsworth prêtera ses traits à Link et Uli Latukefu campera Ganondorf, un trio complété par Dichen Lachman dans le rôle d’Impa et Yvonne Strahovski dans un rôle encore non précisé. Le tournage s’est déroulé l’hiver dernier en Nouvelle-Zélande, terre qui sait accueillir les épopées fantastiques avec une certaine expertise. Nintendo finance le film à hauteur de plus de 50 % du budget aux côtés de Sony Pictures, un rapport de force financier qui garantit au studio japonais un contrôle créatif rarement accordé à un éditeur de jeux vidéo sur une production hollywoodienne. Avi Arad (Arad Productions) coproduit avec Miyamoto.
Aucune bande annonce n’a accompagné l’annonce et le Direct a volontairement entretenu le mystère autour du projet. Maintenant qu’on sait que la sortie est prévue au 30 avril 2027, la retenu de Nintendo laisse deviner une campagne marketing qui montera en sans doute puissance. On peut même espérer raisonnablement un premier aperçu au début de l’année prochaine.
Nintendo a désormais mis en jeu sa franchise la plus vénérée sur grand écran. Un pari qui dépasse très largement celui de Mario. Adapter un plombier cartoon en animation relevait du divertissement familial bon enfant. Transformer Link, héros muet, en personnage de cinéma live-action avec une mythologie dense et un ton épique risque d’être une autre paire de manches.
Le Nintendo Direct à est à revoir ici même, il vous suffit de cliquer sur play.

