Quatre astronautes viennent d’entrer dans un club qui ne compte que 34 membres depuis les débuts de la conquête spatiale. Le président Donald Trump a remis la Congressional Space Medal of Honor à Reid Wiseman, Victor Glover, Christina Koch et Jeremy Hansen (Agence spatiale canadienne) lors d’une cérémonie tenue au Johnson Space Center de Houston, récompensant l’équipage de la mission Artemis II pour un exploit que personne n’avait accompli depuis plus d’un demi-siècle.
La cérémonie est à revoir en intégralité sur la chaîne officielle de la NASA : la remise de la Congressional Space Medal of Honor à l’équipage d’Artemis II.
La distinction honore les astronautes ayant fait preuve d’un courage exceptionnel au service de la nation et de l’humanité. Wiseman, Glover, Koch et Hansen l’ont gagnée en poussant le vaisseau Orion, qu’ils ont baptisé Integrity, à 406 771 kilomètres de la Terre, pulvérisant le record de distance détenu par l’équipage d’Apollo 13 depuis 1970. Au total, leur périple lunaire a couvert 1 118 624 kilomètres en près de dix jours, du décollage le 1er avril à l’amerrissage dans le Pacifique le 10 avril.
« Nous nous rassemblons sur ce site historique pour célébrer l’immense courage de quatre intrépides héros de l’espace qui se sont aventurés plus loin de la Terre que quiconque avant eux », a déclaré Donald Trump avant de saluer l’ensemble des ingénieurs, scientifiques et spécialistes du lancement qui ont rendu la mission possible. L’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, a enchaîné en rattachant ce succès à une ambition plus large : « L’équipage d’Artemis II a répondu à l’appel avec un talent et un courage extraordinaires, montrant au monde la Lune à nouveau et ce à quoi ressemble le leadership américain », a-t-il affirmé.
Reid Wiseman, commandant de la mission, a résumé l’émotion collective avec une phrase tournée vers l’avenir. « J’ai hâte de voir mes amis poursuivre cet héritage sur Artemis III », a-t-il lancé… rappelant que le vol d’essai prévu en 2027 testera en orbite basse terrestre le rendez-vous et l’amarrage entre Orion et les systèmes d’atterrissage lunaire commerciaux. Victor Glover, pilote d’Orion, a tenu à partager la reconnaissance « avec les milliers de personnes qui nous ont envoyés autour de la Lune et ramenés sains et saufs sur Terre ».
Hansen, seul non-Américain de l’équipage, a donné à la cérémonie une dimension diplomatique en soulignant la collaboration entre quatorze pays impliqués dans l’architecture Artemis. « Pour le Canada, la mission et le programme Artemis dans son ensemble vont bien au-delà d’un retour sur la Lune, c’est la quête de l’excellence et de la collaboration », a expliqué Jeremy Hansen, spécialiste de mission. Christina Koch a de son côté insisté sur l’ampleur inattendue de la résonance publique, acceptant la médaille « au nom de ceux qui ont rendu cela possible, des ateliers de fabrication aux salles de contrôle ».
La mission a largement dépassé le cadre du vol d’essai technique. L’équipage a capturé plus de 7 000 images de la surface lunaire (dont un éclipse solaire vue depuis Orion), mené des démonstrations de pilotage manuel et conduit l’expérience AVATAR sur la réponse des tissus humains aux radiations du milieu interplanétaire. Ces données alimenteront directement la préparation d’Artemis IV, programmé pour 2028, qui doit poser des astronautes américains dans la région du pôle Sud lunaire et poser les fondations d’une base permanente.
Qui, parmi les prochains équipages, marchera effectivement sur le régolithe ? La NASA n’a pas encore dévoilé les noms, mais le calendrier accélère et l’objectif affiché ne souffre d’aucune ambiguïté. La Lune n’est pas une destination finale. Elle est le tremplin déclaré vers un voyage sur Mars.

