SpaceX, Blue Origin, Stoke Space et Starcloud ont annulé en bloc leur participation au sommet spatial convoqué par Emmanuel Macron les 9 et 10 septembre 2026 à Paris, après un appel téléphonique de l’OSTP (le bureau scientifique de la Maison-Blanche) passé en fin de semaine dernière. Quatre poids lourds du New Space américain. Quatre sièges vides donc.
Macron avait annoncé ce rendez-vous en juin 2025 avec l’ambition de fédérer agences spatiales, délégations gouvernementales, militaires et industriels autour d’une stratégie spatiale européenne, en désignant Thomas Pesquet et Hélène Huby comme émissaires. Washington y a vu autre chose…
L’administration Trump redoutait que la réunion parisienne serve de tribune pour arracher aux entreprises américaines des engagements sur le partage des fréquences mobiles-satellites, dossier inflammable lié au programme IRIS2 et à l’offensive franco-allemande sur le spectre. L’EU Space Act, âprement contesté outre-Atlantique, et la dépendance grandissante de l’Europe à Starlink achèvent d’empoisonner les relations spatiales transatlantiques. Les sociétés n’ont pas reçu d’ordre formel mais un « conseil » selon lequel leur présence ne servirait pas leurs intérêts.
Un responsable du ministère français de l’Espace a confirmé les désistements à Politico, reconnaissant qu’il était « difficile de ne pas faire le lien avec les rumeurs de pression ». Paris entend néanmoins maintenir la coopération avec ses partenaires américains, « même si les évolutions stratégiques et les pressions politiques rendent les choses complexes ». L’Élysée et le Quai d’Orsay se sont murés dans le silence.
Un cadre d’une entreprise toujours inscrite au sommet a qualifié l’épisode de geste typique de Donald Trump, qui « aime rabaisser les Européens et Macron ». L’eurodéputé Christophe Grudler a prévenu que cette posture offrait à la Chine le visage du partenaire fréquentable, et que l’Europe en payait déjà le prix diplomatique. À qui profite le boycott ?
D’autres entreprises américaines participeront bien au sommet parisien, et la World Space Business Week, programmée une semaine plus tard, accueillera Starlink et Blue Origin dans ses allées. L’affront est calibré et vise l’Élysée, pas le marché européen.

