Microsoft a livré en ce mois de septembre 2026 la plus volumineuse mise à jour de sécurité jamais publiée pour Windows 11, avec 995 correctifs déployés d’un coup, frôlant la barre symbolique des mille, et rendant dans le même élan aux utilisateurs un privilège qu’on leur avait confisqué depuis cinq ans… le droit de déplacer leur barre des tâches.
Cinq années que les fidèles de Windows 10 traînaient cette frustration comme une écharde. La barre des tâches, figée en bas de l’écran depuis le lancement de Windows 11, redevient enfin nomade. Il suffit désormais d’installer la mise à jour cumulative (référencée KB5124012 pour la version 26H1, KB5124008 pour 25H2/24H2, KB5122880 pour 23H2), de redémarrer, puis de faire un clic droit sur un espace vide de la barre pour accéder aux paramètres. Dans la section « Comportements de la barre des tâches », une nouvelle option baptisée Position de la barre des tâches propose quatre emplacements : bas, haut, gauche et droite. On choisit, la barre obéit. On peut aussi en réduire la hauteur et rapetisser ses icônes en basculant la taille sur « Petite ». Une restriction persiste toutefois, un chouilla agaçante : le masquage automatique ne fonctionne que lorsque la barre reste positionnée en bas de l’écran, là où Windows 10 l’autorisait partout.
Le menu Démarrer a lui aussi été retravaillé en profondeur, avec la possibilité de basculer entre un affichage compact et un affichage large, de masquer entièrement la section « Recommandations » (rebaptisée « Récent ») et même de faire disparaître son nom et sa photo de profil pour éviter qu’ils n’apparaissent lors d’un partage d’écran ou d’un appel vidéo. La fenêtre de recherche, longtemps encombrée de suggestions d’outils IA et de promotions, se présente désormais épurée, recentrée sur les requêtes récentes et suggérées.
Le volet sécurité donne le vertige. Action1, éditeur spécialisé en gestion de correctifs, résume la situation dans un billet publié à chaud : « Le Patch Tuesday de septembre 2026 est le plus imposant jamais enregistré, avec 995 correctifs, un volume sans précédent qui s’arrête juste avant la barre des 1 000. » Parmi eux, 121 vulnérabilités jugées critiques et deux failles zero-day, toutes deux de type élévation de privilèges. La première (CVE-2026-81963) touche le Windows Update Stack et pourrait permettre à un attaquant d’obtenir des privilèges système sur la machine ciblée, ouvrant la voie à l’installation de malwares, au vol de données sensibles et à la désactivation des contrôles de sécurité. La seconde (CVE-2026-85880), logée dans le mécanisme Windows ALPC (Advanced Local Procedure Call), est déjà activement exploitée dans la nature. On ne parle plus de risque théorique.
Microsoft revendique d’ailleurs ouvertement le recours à l’intelligence artificielle pour accélérer la détection et la correction de vulnérabilités, ce qui explique en partie l’inflation spectaculaire du nombre de patchs mois après mois. L’éditeur de Redmond mène depuis plusieurs trimestres un effort de rattrapage sur la fiabilité, la performance et l’ergonomie de Windows 11, après avoir été abondamment critiqué pour l’intégration forcée de fonctions IA dans chaque recoin du système.
Que l’on installe cette mise à jour pour retrouver une barre des tâches digne de ce nom ou pour colmater 995 brèches de sécurité, le résultat est le même. Septembre 2026 marque le mois où il vaut mieux ne pas remettre le redémarrage à demain.

