La barre des tâches de Windows 11 va enfin pouvoir migrer sur les bords latéraux de l’écran, et le menu Démarrer se plier aux préférences de chacun. Microsoft vient de pousser ces nouveautés dans le canal Release Preview, dernière antichambre avant la distribution publique, confirmant un calendrier de déploiement qui s’étend de la fin août au mois de septembre 2026.
Cinq ans. Il aura fallu cinq ans à Microsoft pour restaurer une fonctionnalité que Windows 10 offrait nativement et que le passage à Windows 11, en 2021, avait froidement supprimée. La Taskbar redevient donc déplaçable sur les quatre bords de l’écran (haut, bas, gauche, droite), via un réglage enfoui dans Paramètres > Personnalisation > Taskbar > « Taskbar behaviors ». Pas de glisser-déposer à la souris, précisons-le, l’opération reste strictement déclarative. En position verticale, l’interface s’adapte avec quelques concessions, notamment une horloge au format abrégé et l’impossibilité d’afficher les secondes. Une option « Show smaller taskbar buttons » permet par ailleurs de réduire simultanément la taille des icônes et celle de la barre elle-même, un gain d’espace bienvenu sur les écrans compacts.
Le menu Démarrer subit un traitement tout aussi ambitieux, reconstruit en WinUI natif (annoncé lors du Build 2026) pour des raisons de performance. L’utilisateur peut désormais choisir entre plusieurs gabarits prédéfinis (Small, Large) et activer ou désactiver individuellement les sections « Pinned », « All Apps » et « Recent », cette dernière remplaçant l’ancienne rubrique « Recommended » dont la pertinence algorithmique laissait souvent perplexe. Les recommandations de fichiers et les suggestions système disposent enfin de réglages séparés, ce qui met un terme à l’agaçante confusion entre documents récents et publicités déguisées. Un détail révélateur de l’attention portée à la vie privée permet aussi de masquer le nom du compte et la photo de profil pendant le partage d’écran, accessible depuis Paramètres > Personnalisation > Start.
Windows Search, le troisième pilier de cette refonte, bénéficie d’ajustements qui trahissent une philosophie recentrée sur l’usage local. Les résultats provenant de la machine sont désormais priorisés, la page d’accueil se concentre sur les recherches récentes, et la recherche de fichiers locaux se déclenche dès deux caractères saisis. La tolérance orthographique a été améliorée, et le champ de recherche gagne quatre pixels de hauteur, un micro-ajustement ergonomique qui, multiplié par des centaines de millions d’écrans, n’a rien de cosmétique.
L’ensemble de ces évolutions s’inscrit dans l’initiative baptisée « Windows K2 », un programme interne articulé autour de trois axes (performance, fiabilité, utilisabilité) qui irrigue la feuille de route 2026 du système d’exploitation. Le passage de la configuration XML au format JSON pour les déploiements en entreprise (GPO, CSP) accompagne cette modernisation, facilitant la gestion des parcs de postes à grande échelle. Côté performances brutes, un profil « Low Latency CPU boost » a déjà été distribué via la mise à jour optionnelle de mai 2026 (KB5089573), puis généralisé lors du Patch Tuesday de juin.
Le calendrier de déploiement suit le schéma habituel de Microsoft, en vagues mesurées. Les utilisateurs ayant activé le toggle « Get the latest updates as soon as they’re available » devraient recevoir ces fonctionnalités d’ici la fin du mois d’août, les autres patientant jusqu’en septembre. Ces changements, d’abord intégrés aux versions 24H2 et 25H2 via les mises à jour mensuelles, constitueront aussi le socle de la version 26H2 attendue à l’automne 2026, dont la date de sortie reste officiellement non confirmée.
Qui aurait cru qu’il faudrait attendre un demi-décennie pour retrouver le droit de placer sa barre des tâches à gauche… Microsoft rend enfin aux utilisateurs ce qu’il n’aurait sans doute jamais dû leur retirer, et habille cette restitution tardive des atours d’une « refonte », avec suffisamment de nouveautés réelles pour que le procédé fonctionne. Microsoft a d’ailleurs déjà appliqué la même méthode au cycle d’arrêt et de redémarrage de Windows 11, dont la refonte avait été déployée auprès des Insiders au printemps.

