La série n’a pas encore diffusé son premier épisode, et la saison 2 de Harry Potter sur HBO accumule déjà les secousses de casting qui laissent entrevoir un calendrier de production étrangement fébrile pour une franchise de cette envergure. Nicholas Hoult, annoncé dans le rôle de Gilderoy Lockhart pour La Chambre des Secrets, a été remplacé par Kit Harington moins de deux semaines après l’officialisation, un aller-retour qui dit quelque chose de l’empressement et de la fragilité de l’ensemble.
Hoult devait incarner le professeur vaniteux, le charmeur aux cinq trophées du sourire. Il n’est pas resté. Des conflits d’agenda liés à ses engagements préexistants (dont Superman) ont rendu impossible le tournage de ses scènes lorsque le plan de production de la saison 2 a dû être réaménagé. HBO l’a libéré de son contrat. Le vide s’est ouvert, et il a fallu le combler… vite.
Kit Harington connaissait déjà bien le personnage pour lui avoir prêté sa voix dans les éditions audio intégrales publiées par Audible fin 2025, où il confessait une proximité troublante avec Lockhart. « Il y a plus qu’un peu de Lockhart en moi », avait-il déclaré à Variety, ajoutant qu’il n’avait pas eu besoin de « forcer beaucoup le trait » pour incarner ce sorcier déconnecté du réel. HBO s’est tourné vers lui parce qu’il était disponible, parce qu’il était enthousiaste, parce qu’il revenait dans la maison qui l’avait façonné pendant huit saisons de Game of Thrones.
Ce remplacement éclair constitue pourtant le deuxième remaniement de taille pour la série, après le départ de Gracie Cochrane du rôle de Ginny Weasley en mai dernier. Deux recastings avant même le début du tournage de la saison 2, officiellement prévu cet automne. Le feu vert n’a été donné qu’en mai 2026. La première saison, La Pierre philosophale, ne sera diffusée que le 25 décembre. Tout se chevauche, tout s’entasse dans un calendrier qui ne respire pas.
Francesca Gardiner, showrunneuse, sera désormais épaulée par Jon Brown en tant que co-showrunner pour cette deuxième saison, signe d’une montée en charge industrielle que HBO tente d’absorber. Le casting principal, lui, demeure intact, avec Dominic McLaughlin (Harry), Alastair Stout (Ron), Arabella Stanton (Hermione), John Lithgow (Dumbledore) et Paapa Essiedu (Rogue). Le socle tient. C’est à la périphérie que ça tremble.
La question de Lord Voldemort, antagoniste central de la saga entière, reste par ailleurs totalement ouverte, aucun nom n’ayant encore filtré pour le rôle. Un casting de cette ampleur, mené dans l’urgence d’une production qui enchaîne saison sur saison, porte en lui le risque de la dispersion. HBO veut aller vite. Peut-être trop vite. La série la plus attendue de la décennie avance comme on marche dans le noir, à tâtons, en espérant que le sol tiendra.

