Motorola a publié dans la nuit du 9 septembre, quelques heures après l’annonce de l’iPhone Duo par Apple, une vidéo Instagram qui traverse l’histoire des Razr et s’achève sur une silhouette noircie, trapue, courte, pliée en deux comme un passeport. Pas de nom. Ni date. Aucune fiche technique. Un écran noir et une promesse.
Le Reel défile vite, du Razr rose originel aux clapet récents, puis bifurque vers le Razr Fold sorti plus tôt cette année (testé en mai, rival des Galaxy Z Fold et Pixel Fold) et débouche sur un appareil inconnu, un pliable format livre aux coins arrondis, à la barre caméra horizontale courant sur toute la largeur du dos. Le constructeur américain qualifie l’objet de « next move » et ne dit rien de plus. La guerre des pliables entre dans une phase où chaque constructeur répond à l’autre en quelques heures.
Apple a fixé le tarif de son premier téléphone pliant à 2 339 euros, un prix qui plante un drapeau sur le segment premium et verrouille le positionnement haut de gamme du Duo. Motorola, qui a déjà lancé en 2026 trois Razr à clapet et son tout premier grand pliable, semble vouloir occuper un terrain mitoyen entre le format compact et le book-fold classique. Les rumeurs évoquent un écran de couverture sans bordure, un profil facilitant l’ouverture à une main, une caméra selfie poinçonnée en haut à droite de la dalle interne et un double module photo horizontal en relief. Rien de confirmé…
Trois indices visuels attire notre attention. Un bouton physique en haut à gauche de l’écran déplié, inhabituel chez Motorola. Et surtout un gabarit ramassé, plus proche d’un portefeuille que d’une tablette, qui distinguerait l’appareil de tous les pliables livre existants. Motorola ne cherche pas, ou plus, à concurrencer Samsung sur les grands formats. La marque vise le créneau qu’Apple vient d’ouvrir avec le Duo, celui du pliable qu’on glisse dans sa veste sans la sensation d’être plombé par le poids.
Le calendrier n’a pas été révélé. Motorola parle de « coming months ». Formule suffisamment floue pour couvrir aussi bien octobre que le premier trimestre 2027.
Quelques heures après Cupertino, Lenovo (maison mère de Motorola) plante son drapeau et montre qu’il faudra aussi compter sur eux sur le segment.
Un teaser noir sur fond d’Instagram, téléphone fantôme sans fiche technique ni prix. Motorola joue la tension. Le Razr rose de 2004 tenait dans la paume et a redéfini le design mobile pour une décennie. Vingt-deux ans plus tard, la marque parie qu’elle peut retenter le coup.

