Google a déployé ce vendredi 14 août la troisième bêta d’Android 17 QPR2, une publication inhabituelle en fin de semaine qui poursuit la marche vers la version stable attendue en décembre 2026. Après la Beta 2 diffusée début août, cette itération apporte son lot de fonctionnalités inédites, de correctifs bienvenus et d’un durcissement sécuritaire.
La liste des Pixel éligibles s’étend désormais du vénérable Pixel 6a jusqu’au tout récent Pixel 10a, en passant par l’ensemble des gammes Pixel 7, 8, 9 et 10, Pixel Tablet et les deux générations de Fold. Dix-neuf appareils au total peuvent recevoir la mise à jour OTA, un périmètre qui reflète l’ambition de Google de maintenir ses anciens modèles dans la boucle logicielle aussi longtemps que possible.
Parmi les ajouts les plus attendus, le verrouillage d’applications (App Lock) fait enfin surface dans l’écosystème Pixel natif, une fonctionnalité que des constructeurs tiers proposaient depuis des années et dont l’absence devenait franchement embarrassante. Le flou appliqué à l’écran de verrouillage offre quant à lui une couche supplémentaire de confidentialité visuelle, tandis que la personnalisation de la disposition des Quick Settings, importée directement depuis la branche Android Canary, permet de réorganiser les tuiles selon ses préférences. L’extension du système Dynamic Color enrichit par ailleurs la palette de thèmes disponibles, poussant un peu plus loin la promesse de Material You.
Le volet sécurité constitue sans doute l’apport le plus technique de cette Beta 3, avec un blindage contre les fraudes par renvoi d’appel. Le système analyse désormais les codes USSD de transfert d’appel (du type 21) exécutés via l’API TelephonyManager.sendUssdRequest() et bloque sélectivement ceux qui transitent en arrière-plan avec la seule permission CALL_PHONE. Les applications concernées reçoivent un callback USSD_ERROR_NOT_ALLOWED, tandis qu’une boîte de dialogue de confirmation au niveau de l’OS apparaît lorsqu’un utilisateur compose manuellement un code de renvoi dans le composeur système. Les requêtes USSD non liées au renvoi d’appel, notamment les transferts d’argent mobile ou les vérifications de compte, restent quant à elles parfaitement fonctionnelles. Pour les développeurs dont les applications sont affectées, Google recommande de migrer vers l’intent ACTION_DIAL afin de pré-remplir le composeur et laisser l’utilisateur valider lui-même l’opération. Une parade élégante contre l’ingénierie sociale qui exploitait jusqu’ici ces codes à l’insu des victimes…
Côté corrections, deux problèmes de taille ont été résolus. L’ouverture du volet de notifications et du menu Quick Settings provoquait des artefacts visuels suivis d’un redémarrage inopiné de l’appareil, un bug documenté sous les références #535249652 et #543124160 qui empoisonnait l’expérience quotidienne depuis les builds précédentes. L’outil Device Health and Support, lui, affichait à tort des alertes de dégradation de la capacité de batterie, semant une panique injustifiée chez les utilisateurs qui voyaient leur Pixel diagnostiqué comme moribond alors qu’il se portait très bien.
Cette Beta 3 s’inscrit dans un calendrier désormais bien rodé, où chaque itération QPR affine progressivement le système avant la livraison trimestrielle de décembre. Les possesseurs de Pixel qui souhaitent l’installer peuvent s’inscrire au programme bêta d’Android directement depuis les paramètres système. Reste à savoir si Google réservera d’autres surprises du vendredi, ou si la Beta 4 respectera la courtoisie d’un déploiement en milieu de semaine.

