Le tisseur de toiles vient de se hisser, avec une désinvolture presque insolente, au cinquième rang des plus gros succès de l’histoire du box-office domestique américain. Spider-Man: Brand New Day affiche désormais 782,8 millions de dollars cumulés sur le sol américain, après un troisième week-end d’exploitation à 67 millions de dollars, un chiffre qui ferait pâlir d’envie la quasi-totalité des films à leur week-end d’ouverture. Et le rouleur compresseur montre manifestement aucun signe d’essoufflement.
Cinq films seulement dans toute l’histoire du cinéma américain ont dépassé cette barre sur le marché domestique, et le dernier venu porte un masque rouge et bleu. Le long-métrage Marvel s’est déjà solidement installé au douzième rang mondial de tous les temps avec plus de 1,15 milliard de dollars de recettes globales, selon les données compilées par Rotten Tomatoes au 10 août 2026, devenant au passage le deuxième film le plus rapide à franchir le cap symbolique du milliard. Mais c’est la trajectoire américaine qui fascine aujourd’hui, parce qu’elle raconte autre chose qu’un triomphe planétaire dilué dans cent marchés différents… elle raconte l’appétit vorace, obsessionnel, du public américain pour Peter Parker.
La performance domestique de Brand New Day s’inscrit dans une lignée de blockbusters qui ont littéralement réécrit les tables de la loi du box-office nord-américain. On se souvient qu’Avengers: Endgame et Avatar s’étaient longtemps disputé la couronne mondiale, que Spider-Man: No Way Home avait dynamité le top 10 fin 2021 à coups de nostalgie multiverselle, que Top Gun: Maverick avait stupéfié l’industrie en franchissant le milliard quelques mois plus tard. Brand New Day s’ajoute à cette poignée de phénomènes culturels qui transcendent la notion même de « succès commercial » pour entrer dans le territoire du fait de société.
Le rythme de croisière du film reste proprement hallucinant à ce stade de son exploitation. Un troisième week-end à 67 millions de dollars suggère une rétention de spectateurs exceptionnelle, le genre de courbe que les analystes associent habituellement à un bouche-à-oreille dévastateur et à des revisionnages en masse. Le public américain, en tout cas, ne semble pas rassasié. La question qui brûle désormais toutes les lèvres dans les bureaux des studios et sur les forums spécialisés est vertigineuse de simplicité : jusqu’où peut-il grimper ? La barre des 800 millions domestiques, un territoire que seule une poignée de films ont foulé, paraît désormais quasi inévitable dans les prochains jours.
L’année 2026 confirme ainsi une tendance amorcée depuis 2023, celle d’un box-office américain capable de produire régulièrement des résultats stratosphériques quand le bon film rencontre le bon moment. Toy Story 5 s’est glissé dans le top 50 mondial, The Odyssey de Christopher Nolan poursuit sa propre ascension, et Brand New Day les surplombe tous avec l’aisance d’un type qui se balance entre les gratte-ciels de Manhattan. Disney et Sony, co-architectes de cette machine à dollars, peuvent savourer un été 2026 qui restera gravé dans les annales.
Reste à savoir si le cinquième rang domestique all-time représente un palier ou un simple point de passage pour un film qui, à trois semaines d’exploitation, dévore encore les compteurs avec une faim que rien ne semble pouvoir apaiser.

