Un milliard de dollars en trois semaines d’exploitation, c’est le seuil que L’Odyssée vient de franchir, propulsant Christopher Nolan dans une strate qu’il n’avait plus atteinte depuis The Dark Knight Rises en 2012. Le réalisateur britannique, qui avait déjà secoué les compteurs avec Oppenheimer (952 millions de dollars en fin de carrière commerciale), tient désormais entre les mains le plus gros succès de toute sa filmographie.
Le film, première production intégralement tournée avec des caméras IMAX, avait déjà engrangé 264,1 millions de dollars lors de son week-end d’ouverture à l’échelle planétaire, dépassant largement les projections des analystes nord-américains et internationaux. Universal Pictures (filiale de Comcast) enregistrait alors le plus gros démarrage de son histoire pour un long-métrage classé R, selon le cabinet Roth. Trois semaines plus tard, la trajectoire n’a pas fléchi… elle s’est durcie.
Adapter l’Odyssée d’Homère, un poème vieux de trois millénaires, relevait d’un pari que seul un cinéaste doté d’un capital de confiance industriel pouvait raisonnablement tenter. Nolan a réuni un casting pléthorique (dont les noms avaient alimenté les rumeurs pendant des mois), obtenu un budget à la mesure de l’ambition épique du projet, et surtout convaincu les exploitants de salles que le format IMAX justifiait des séances sold-out à répétition. Les critiques, quasi unanimes, ont fait le reste, consolidant un bouche-à-oreille qui a transformé chaque projection en événement. Ceux qui veulent (re)découvrir ce que le public s’arrache en salle peuvent retrouver la bande-annonce officielle de The Odyssey sur la chaîne Universal Pictures.
Hollywood observe cette performance avec un intérêt qui dépasse le cas Nolan. L’industrie, en quête d’une année record depuis 2019, trouve dans The Odyssey le locomotive dont elle avait besoin pour crédibiliser ses ambitions de reprise. Le film prouve, en tout cas, qu’un récit tiré de la littérature antique peut rivaliser avec les franchises de super-héros quand la mise en scène impose sa propre mythologie.
Reste à savoir jusqu’où la courbe grimpera. The Dark Knight Rises avait terminé sa course à 1,08 milliard de dollars. The Odyssey, avec encore plusieurs semaines d’exploitation devant lui et des marchés internationaux qui continuent de monter en puissance, semble déjà parti pour dépasser confortablement ce plafond. Nolan n’a jamais eu besoin de cape ni de masque pour remplir les salles, et ce milliard-là le confirme avec une précision d’horloger.

