Sony a signé l’arrêt de mort de la galette PlayStation le mardi 7 juillet 2026. L’annonce, relayée par Push Square, met fin à trente ans de boîtiers alignés sur les étagères des joueurs. Et derrière ce coup de rideau se cache une console encore fantôme, la PS6, dont les contours commencent enfin à transparaître. Ce virage, nous l’avions déjà anticipé quand le Journal du Web évoquait une PS6 sans lecteur ni disque.
La firme japonaise a donc confirmé qu’elle ne fabriquerait plus de jeux physiques pour sa marque phare. Fini les disques Blu-ray gravés à l’effigie de Kratos ou d’Aloy, fini l’objet qu’on déballe le vendredi de sortie. Sony bascule tout vers le dématérialisé, ce cloud où les jeux existent sans jamais peser un gramme entre vos mains.
La gamme PS6 se déploierait, selon les informations de Games Hub, en trois appareils distincts. Un modèle flagship haut de gamme d’abord, taillé pour le salon et la performance brute. Une version budget ensuite, dépourvue de lecteur optique (cohérence oblige avec la fin du physique). Et une console portable native, pensée pour aller chatouiller le Steam Deck de Valve et la Switch 2 de Nintendo sur leur propre terrain. Trois machines, une seule doctrine, le tout-numérique. Une stratégie qui creuse encore l’écart stratégique entre un Sony attentiste et un Microsoft qui multiplie les paris sur Project Helix.
Le calendrier de cette révolution matérielle reste franchement incertain. Embracer Group a averti dans un rapport, repris par Notebookcheck vers le 10 juillet, que la PS6 pourrait glisser jusqu’en 2028, voire 2029. La cause tient à la flambée des prix de la RAM et du stockage, une tension sur les composants qui frappe toute l’industrie du silicium (Apple subit la même pression sur son futur iPhone 18). Produire des consoles gorgées de mémoire coûte de plus en plus cher, et Sony n’échappe pas à cette arithmétique cruelle. Un sujet déjà chiffré qui table sur un prix de la PS6 qui flirterait avec la barre symbolique des 999 dollars.
Le passage au tout-dématérialisé arrange furieusement les comptes de Sony. L’industrie estime qu’un jeu revient jusqu’à 20 % moins cher à produire dès lors qu’on supprime le pressage du disque, l’emballage, le transport et la logistique des rayons. Multipliez cette économie par des dizaines de millions d’exemplaires, et vous comprenez pourquoi le timing de l’annonce n’a rien d’un hasard au moment même où le hardware devient hors de prix.
Sony a promis une expérience « fluide au-delà du salon », formule officielle rapportée par IGN qui fleure bon le nomade. Cette PS6 portable ou hybride, dans l’esprit d’une Switch, viendrait donc concrétiser cette ambition de sortir le jeu PlayStation du canapé. On imagine déjà God of War tournant dans le métro, Spider-Man swinguant entre deux rendez-vous… Le rêve, sur le papier.
Reste ce que le joueur perd au passage, et la liste pique. Plus de collection tangible à contempler, plus de revente d’un titre fini sur le marché de l’occasion, plus de prêt à un pote le temps d’un week-end. Où sont les jeux qu’on pouvait glisser dans la poche d’un ami après les avoir terminés ? Le dématérialisé enferme votre ludothèque dans un compte, soumise aux serveurs, aux fermetures de boutiques et aux caprices d’une licence qu’on ne possède jamais vraiment. On loue, désormais. On n’achète plus. Le mouvement est d’ailleurs déjà enclenché chez les éditeurs : GTA 6 sortira lui aussi sans disque physique, preuve que Sony ne fait que suivre une tendance de fond.
La comparaison avec la concurrence rend le choix de Sony encore plus tranchant à assumer. Microsoft avancerait ses pions sur le tout-multiformat avec « Project Helix », misant sur l’ubiquité de la marque Xbox à travers les écrans. Nintendo, de son côté, dégaine sa Switch 2 en gardant précieusement ses cartouches, ce petit objet physique auquel la firme de Kyoto reste attachée. D’ailleurs, les jeux-phares de la Switch 2 misent encore tous sur le support physique, en opposition avec la stratégie PlayStation. Sony, lui, brûle ses vaisseaux et parie que le joueur suivra sans broncher.
Sony n’a strictement rien laissé filtrer sur la PS6 lors de son State of Play du 2 juin 2026. Les prochains rendez-vous se profilent avec un State of Play attendu d’ici la rentrée et un PlayStation Showcase à l’automne, deux fenêtres où la firme pourrait enfin lever le voile sur ses trois machines. Savoir si les joueurs accepteront de voir disparaître l’objet qu’ils chérissent depuis la première PlayStation reste, en tout cas, une question que Sony n’a pas encore voulu leur poser.

