Rockstar Games a lâché le 18 juin une bombe visuelle sur les réseaux, révélant la jaquette officielle de Grand Theft Auto 6 accompagnée d’une date de précommande fixée au 25 juin, à cinq mois tout pile d’une sortie programmée le 19 novembre prochain. Pas de troisième bande-annonce à se mettre sous la dent, non. Juste une image, des couleurs fluo, le souffle chaud de Vice City et un message tacite qui transpire la confiance absolue.
Et quelle image ! L’artwork déploie la grille mosaïque devenue signature du studio, saturée de personnages, de décors tropicaux, de yachts rutilants et d’eaux turquoise qui donnent déjà envie de plonger dans ce Miami fictif dopé aux stéroïdes numériques. Les fans les plus obsessionnels ont immédiatement repéré un détail savoureux, notamment la présence d’un hélicoptère niché dans le coin supérieur gauche de la composition. Cette tradition graphique remonte à Grand Theft Auto III en 2001, et Rockstar l’a respectée sur quasi chaque opus depuis vingt-cinq ans (à l’exception de Chinatown Wars sur Nintendo DS, un écart que les puristes n’ont jamais vraiment pardonné). Un clin d’œil minuscule, un fil invisible tendu entre les générations de joueurs.
Le site officiel du studio a par ailleurs laissé entrevoir des aperçus in-game de Vice City, avec des vues de quartiers bariolés, des fronts de mer scintillants et des silhouettes de protagonistes qui confirment l’ambition plastique du projet. Vingt-quatre ans de savoir-faire accumulé depuis le tout premier GTA en monde ouvert, et tout semble converger vers ce moment-là…
La question du prix reste quant à elle volontairement suspendue bien que l’industrie bruisse de rumeurs sur un éventuel passage à 80 dollars, voire 100 dollars, pour celui qui pourrait bien devenir le plus gros lancement commercial de l’histoire du divertissement. Strauss Zelnick, PDG de Take-Two Interactive (maison mère de Rockstar), a livré sa philosophie sur le sujet avec un aplomb très calculé. « Les consommateurs paient pour la valeur qu’on leur apporte, et notre travail est de facturer bien, bien, bien moins que la valeur délivrée », a-t-il déclaré. « Ce que les gens ressentent en achetant quelque chose, c’est l’intersection entre la chose elle-même et ce qu’ils ont payé pour l’obtenir. Ils doivent sentir que le produit est extraordinaire et que le prix était juste. » Une rhétorique soigneusement calibrée qui ne ferme aucune porte et n’en ouvre aucune non plus.
Le coût de développement du titre aurait pu franchir la barre du milliard de dollars selon certaines estimations non confirmées, tant le périmètre du jeu et la durée de production défient les standards habituels. Mais Rockstar pourrait aussi très bien s’en tenir au tarif standard de 70 dollars, misant sur des dizaines de millions d’exemplaires vendus dès les premières semaines pour rentabiliser cette montagne d’investissement sans braquer sa communauté.
L’annonce des précommandes a aussi le mérite de verrouiller définitivement le calendrier après deux reports qui avaient ébranlé la patience des joueurs et la confiance des investisseurs. Difficile désormais de reculer, du moins pour un titre dont chaque pixel est scruté par une planète entière de gamers affamés. Et si Rockstar n’a toujours pas dévoilé de troisième trailer, le 25 juin pourrait offrir l’occasion rêvée d’en glisser un au moment même où les portefeuilles s’ouvrent.
Qui aurait cru, il y a vingt-cinq ans, qu’un petit hélicoptère dans le coin d’une pochette deviendrait le totem rassurant de toute une génération de joueurs attendant le prochain Grand Theft Auto ?

