Lars Fröder, connu sous le pseudonyme opa334, a publié le 7 août Dopamine 3.0, offrant aux possesseurs d’iPhone et d’iPad équipés de puces A12 ou A13 le premier jailbreak fonctionnel sur iOS 26.0 et iOS 26.0.1. Pour voir Dopamine 3.0 en action et son installation sur un iPhone, la chaîne Burhan Rana a publié un tutoriel vidéo : Dopamine 3.0 est là, guide d’installation pour iOS 26.0.1. Trois cent vingt-six jours se sont écoulés entre la sortie du système d’exploitation et cette percée, un délai qui dit tout de la course d’obstacles que représente désormais le contournement des protections matérielles d’Apple.
Le périmètre de cette version reste volontairement circonscrit aux générations d’iPhone allant du XS au 11, ainsi qu’à plusieurs iPad partageant la même architecture. Quiconque possède un appareil doté d’une puce A14 ou plus récente, c’est-à-dire tout iPhone 12 et au-delà, se trouve encore hors de portée. La raison tient aux couches de sécurité matérielles qu’Apple a empilées dans son silicium le plus récent, rendant les exploits publiquement viables de plus en plus rares… et de plus en plus coûteux à développer.
Dopamine 3.0 intègre deux contournements techniques distincts, le « momentarius PPL bypass » signé staturnzz et TheRealClarity pour les puces A12/A13, et le « Titan PPL/SPTM bypass » développé par Alfie, qui étend la compatibilité à tous les appareils tournant sous iOS 16.5.1 jusqu’à iOS 17.3.1. S’y ajoute un nouvel exploit baptisé ClearSword, présenté comme une alternative plus fiable à DarkSword, l’outil utilisé dans les versions précédentes. La mise à jour 3.1, diffusée dans la foulée, corrige déjà plusieurs régressions sur les iPad M1/M2 et certaines versions d’iOS 15.x.
L’étendue de la rétrocompatibilité constitue peut-être la dimension la plus utile de cette publication. Le spectre couvert descend jusqu’aux puces A8 sous iOS 15.8.7, englobant une base installée considérable d’appareils que leurs propriétaires ont délibérément maintenus sur d’anciennes versions du firmware. Pour les chercheurs en sécurité qui ont besoin de travailler sur des builds spécifiques, cette cartographie exhaustive (consultable sur la base de données AppleDB) transforme Dopamine en outil de référence bien au-delà du cercle des passionnés de personnalisation.
Qui jailbreake encore en 2026 ? Apple a progressivement absorbé dans iOS les fonctions qui justifiaient autrefois l’opération, des widgets aux claviers tiers, en passant par le chargement latéral d’applications via des plateformes de distribution alternatives. Le public s’est rétréci, recentré autour de profils bien identifiés, chercheurs, développeurs d’outils forensiques, utilisateurs d’appareils anciens souhaitant prolonger la durée de vie de leur matériel, ou amateurs d’emojis personnalisés et de réglages système inaccessibles par les voies officielles.
Le délai de 326 jours s’inscrit dans une tendance désormais bien installée, là où les premiers jailbreaks arrivaient jadis quelques semaines après une mise à jour d’iOS. La combinaison du durcissement matériel et de la raréfaction des chercheurs disposés à publier leurs exploits (beaucoup préfèrent les monnayer via les programmes de bug bounty d’Apple ou sur le marché gris) a étiré la fenêtre de manière spectaculaire. Fröder reste, du moins dans la sphère publique, l’un des derniers développeurs à maintenir un outil de jailbreak activement mis à jour sur les versions courantes du système.
Dopamine 3.0 ouvre une porte étroite sur le noyau d’iOS 26, limitée à des puces qu’Apple ne place plus dans aucun appareil neuf, et cette porte pourrait bien être la dernière que quiconque franchira publiquement sur cette génération logicielle.

