Le quatrième volet solo de Tom Holland a engrangé 1,155 milliard de dollars à travers le monde en une semaine d’exploitation, détrônant sans ménagement Toy Story 5 (1,067 milliard depuis juin) et s’installant déjà comme le plus gros film de l’année 2026. Voilà qui enterre, avec un panache assez jouissif, le sempiternel refrain sur la mort annoncée des super-héros au cinéma.
Les chiffres donnent le vertige, et ils s’accumulent comme les toiles d’araignée sur un plafond de parking. Spider-Man Brand New Day a décroché le plus gros week-end d’ouverture domestique de l’histoire avec 360 millions de dollars, surpassant le record qu’Avengers Endgame détenait depuis 2019 (357,1 millions). Le film est devenu le plus rapide à franchir la barre des 400 millions en Amérique du Nord, en quatre jours seulement, et le deuxième plus rapide à atteindre le milliard mondial (six jours), derrière le mastodonte Endgame qui avait accompli l’exploit en cinq jours. Les préventes domestiques, 74,5 millions de dollars, ont elles aussi écrasé le précédent sommet d’Endgame (60 millions). On parle ici d’un film dont les projections initiales tablaient sur un démarrage autour de 189 à 190 millions… La réalité a doublé la mise.
Le lundi d’exploitation a atteint 47 millions de dollars aux États-Unis, atomisant le record de Black Panther en 2018 (40 millions), et le mardi a grimpé à 42 millions, dépassant les 39 millions que Spider-Man No Way Home avait engrangés un mardi de décembre 2021. Ces performances en semaine, traditionnellement plus molles, témoignent d’un appétit vorace du public qui ne s’est pas contenté du week-end pour remplir les salles. Le cumul domestique en cinq jours s’établit à 449 millions, tandis que les recettes internationales culminent à 706,3 millions, loin devant le biopic Michael (643,7 millions) et Toy Story 5 (604,8 millions) à l’étranger.
Tom Rothman, président de Sony Pictures, a savouré le moment avec une ironie à peine voilée : « Donc je suppose que le cinéma n’est pas mort, finalement ? » Kevin Feige, patron de Marvel Studios, a quant à lui livré une déclaration qui ressemble à un manifeste : « Les gens peuvent écrire sur l’évolution des goûts, mais en tant que personnages qui grandissent et évoluent au fil des décennies, il n’y en a pas de meilleurs que ceux de Marvel, et aucun ne surpasse Peter Parker. Quand on trouve un acteur comme Tom Holland pour donner vie à ce personnage, c’est la formule magique. »
Marvel sortait pourtant d’une séquence franchement terne, entre Captain America Brave New World, Thunderbolts et The Marvels, trois films qui avaient nourri le discours ambiant sur la « fatigue super-héroïque ». Les analystes avaient intégré cette lassitude supposée dans leurs modèles prévisionnels, d’où les estimations très conservatrices d’un opening sous les 200 millions. Le public, lui, a répondu avec une ferveur qui rappelle que la fatigue en question n’a jamais concerné les personnages aimés, pour ne pas dire adorés, mais les films médiocres. The Guardian a d’ailleurs avancé que Spider-Man serait tout bonnement immunisé contre le déclin des super-héros, une hypothèse que les chiffres rendent aujourd’hui difficile à contester.
La trajectoire du film laisse entrevoir un atterrissage au-dessus des 2 milliards de dollars, ce qui le propulserait dans un club extrêmement fermé où ne figurent que sept longs-métrages dans toute l’histoire du cinéma (Avatar, Endgame, Avatar 2, Titanic, Ne Zha 2, Star Wars Le Réveil de la Force, Infinity War). Le deuxième week-end pourrait, même avec une baisse de 60 %, atteindre environ 144 millions domestiques, ce qui en ferait le troisième meilleur de tous les temps.
Tom Holland n’a pas encore confirmé sa participation à d’autres aventures solo, mais les rumeurs l’envoient déjà dans Avengers Doomsday (prévu fin 2026) ou Secret Wars (2027), et avec un tel raz-de-marée au box office, Sony et Marvel auraient bien du mal à laisser leur poule aux œufs d’or raccrocher le costume. Spider-Man, ce gamin de Queens qui se balance entre les gratte-ciel, vient de rappeler à toute une industrie que la hype super-héroïque ne meurt jamais vraiment, elle attend juste le bon film pour exploser à nouveau.

