XPeng a dévoilé son L03, un SUV-coupé électrique de 4,65 mètres qui démarre à 34 990 euros en France et 35 600 euros en Allemagne, soit respectivement 6 000 euros et 3 370 euros de moins que le Model Y Propulsion de Tesla, affiché à 40 990 euros en France et 38 970 euros en Allemagne après sa dernière révision tarifaire d’avril 2026. La marque chinoise, qui a ouvert les commandes dans plus de 60 marchés simultanément, vise directement le best-seller européen de Tesla avec un équipement nettement plus généreux que le modèle américain dégraissé.
Le L03 embarque en série une pompe à chaleur, des sièges avant ventilés et chauffants, un toit panoramique, une recharge à 193 kW sur la version de base et 236 kW sur la Grande Autonomie, contre 175 kW pour le Tesla Model Y, ainsi qu’une fonction V2L (Vehicle-to-Load) de 3,3 kW. Tesla tient tête sur l’autonomie avec 534 km WLTP contre 445 km pour le L03 de base, mais la version Grande Autonomie du chinois, affichée à 37 990 € en France, grimpe jusqu’à 520 km WLTP tout en restant moins chère que l’entrée de gamme américaine. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : à 34 990 €, XPeng livre du matériel de classe Model Y quand Tesla facture son SUV de base 40 990 € en France, soit 6 000 euros d’écart pour un équipement inférieur.
Sous le capot, les versions Ultra du L03 s’appuient sur deux puces Turing AI maison qui font tourner le système de conduite assistée VLA 2.0, une architecture à caméras plafonnant à 1 500 TOPS de puissance de calcul (le double de la version standard) qui gère le stationnement automatique, le changement de voie et même une fonction de détection de conducteur incapacité qui range le véhicule sur le côté et appelle les secours. Les versions d’entrée de gamme embarquent quant à elles le système XPILOT ASSIST. Les régulateurs européens devraient toutefois bloquer une partie de ces fonctions avancées jusqu’à l’an prochain, un frein que Tesla ne connaît pas avec son Autopilot déjà homologué.
La question de la distribution reste le talon d’Achille de XPeng, qui livrera qu’au quatrième trimestre et dispose d’un réseau encore mince face aux Superchargers et à l’usine berlinoise de Tesla. Markus Schrick, responsable de la marque en Europe centrale, vise 8 000 ventes en Allemagne cette année et 20 000 l’an prochain, avec 120 points de vente d’ici fin 2026. « L’Allemagne est rurale à 60 % et les gens veulent des concessionnaires locaux qui parlent leur langue », a-t-il expliqué lors du lancement munichois.
Les droits de douane européens applicables à XPeng représentent environ 31 % au total , soit 20,7 % de taxe compensatrice (taux des sociétés ayant coopéré à l’enquête européenne) auxquels s’ajoutent 10 % de droit de base , et n’ont pas dissuadé le constructeur de casser les prix. Il a déjà écoulé 13 522 voitures en Europe au premier semestre 2026. Volkswagen, qui détient 5 % du capital de XPeng, observe avec un mélange d’inquiétude et d’intérêt ce partenaire qui conquiert son marché domestique pendant qu’il envisage de supprimer 100 000 emplois. Les Américains, eux, sont protégés par les tarifs de 100 % sur les voitures chinoises, mais cette barrière douanière ne masque qu’une réalité : sans elle, Tesla devrait déjà expliquer pourquoi son Model Y coûte 6 000 euros de plus en France qu’un SUV mieux équipé.

