Six ans après Ori and the Will of the Wisps, le petit esprit lumineux du metroidvania pourrait bien refaire surface, si l’on en croit une rumeur lancée par NateTheHate, leaker dont le palmarès récent force tout de même le respect. C’est lui qui avait dévoilé le remake de Zelda Ocarina of Time et le nouveau Star Fox sur Switch 2, deux scoops que personne n’avait vu venir et que Nintendo a depuis confirmés.
NateTheHate a d’abord évoqué sur X « une annonce Xbox plutôt chouette qui devrait être à la Gamescom », avant de préciser sur le forum ResetEra qu’il parlait bien d’un nouvel Ori, entendu de la bouche de plusieurs contacts. Le conditionnel reste toutefois de rigueur, l’intéressé admettant lui-même ne pas savoir si le projet sera dévoilé lors de l’Opening Night Live la semaine prochaine ou plus tard dans l’année. Jez Corden, journaliste chez Windows Central, a de son côté alimenté la mécanique en glissant sur Patreon qu’Xbox préparait « une grosse surprise, probablement une suite très inattendue », tout en écartant l’hypothèse d’un retour de Banjo.
Moon Studios, le studio viennois qui a donné naissance à la licence et vendu plus de 10 millions d’exemplaires du seul Blind Forest, ne serait pourtant pas aux commandes de ce troisième volet supposé. L’équipe de Thomas Mahler est actuellement absorbée par No Rest for the Wicked, un action-RPG qui sortira d’accès anticipé sur PC et PS5 en octobre prochain. Les relations entre Moon et Xbox se seraient par ailleurs largement refroidies ces dernières années, ce qui ouvrirait la porte à un développeur tiers. Un utilisateur de ResetEra a même avancé le nom d’une division de Saber Interactive, information qui demeure entièrement invérifiable à cette heure.
Thomas Mahler, créateur et directeur des deux opus, a réagi vivement : « Je n’ai absolument rien entendu à ce sujet », a-t-il écrit, qualifiant les rumeurs de « nonsense » et ajoutant que Moon avait en interne discuté de la possibilité de racheter la propriété intellectuelle à Microsoft. « Je doute qu’un autre studio puisse vraiment en faire quelque chose », a-t-il lâché, dans une phrase qui ressemble autant à un constat artistique qu’à une offre d’achat déguisée. Gareth Coker, le compositeur dont les nappes orchestrales ont fait pleurer la moitié de la communauté Xbox, estimerait lui aussi qu’il serait temps d’y revenir…
La situation forme alors un tableau assez cocasse, où le père de la créature apprend par internet qu’un inconnu pourrait élever son enfant. Si Xbox confie effectivement Ori à un studio externe, la manœuvre rappellerait ce que Nintendo a fait avec Metroid Dread en le confiant à MercurySteam, un pari qui s’était avéré gagnant. Mais Ori n’est pas Samus, et la poésie visuelle de la série tient à un équilibre d’écriture, de level design et de musique que Moon avait mis des années à affiner.
Gamescom Opening Night Live, orchestrée comme chaque année par Geoff Keighley, se tiendra le 26 août et pourrait lever le voile sur cette affaire, ou la laisser macérer encore quelques mois. Dans tous les cas, qu’un troisième Ori existe ou non dans les serveurs de Redmond, la seule évocation de son nom suffit à rappeler combien cette licence a marqué une génération de joueurs qui n’attendait qu’un prétexte pour y croire à nouveau.

