Le build OS4.0.1.0.XPZCNXM d’HyperOS 4, estampillé stable et bâti sur Android 17, a été repéré sur les serveurs de Xiaomi pour la tablette Xiaomi Pad 8 destinée au marché chinois. Ce n’est plus une version bêta, ni un prototype cantonné aux laboratoires de Pékin, c’est un firmware prêt à quitter le nid. Si aucun bug critique ne vient contrarier les dernières vérifications internes, le déploiement public pourrait débuter d’ici quinze à vingt jours.
Xiaomi a choisi, contre toute attente, de ne pas inaugurer cette mise à jour sur un smartphone phare mais sur une tablette. La Pad 8 joue donc les éclaireurs, un rôle habituellement réservé aux porte-étendards de la gamme numérotée. Le choix trahit peut-être une stratégie de rodage sur un parc d’utilisateurs plus restreint avant d’ouvrir les vannes aux millions de possesseurs de Xiaomi 17, Redmi K90 et consorts. Ces derniers figurent déjà, avec des branches firmware de type OS4.0.0.x, dans les données serveurs de l’entreprise, aux côtés de variantes régionales pour l’Europe, l’Inde, l’Indonésie, la Russie et la Turquie.
Les gains de performance annoncés par les tests internes de Xiaomi sont, il faut le reconnaître, solidement chiffrés. Le volume d’instructions système est réduit de 14,4 %, la mémoire disponible après huit heures d’utilisation continue progresse de 27,2 %, le lancement séquentiel d’applications gagne 17,5 % en réactivité et les pertes d’images (dropped frames) reculent de 28,9 %. Des promesses de laboratoire, certes, qui devront encore survivre au contact du réel… et des habitudes utilisateurs.
L’intelligence artificielle irrigue désormais l’ensemble du système à travers Super XiaoAI 2.0, couplé au moteur propriétaire MiMo, deux briques conçues pour automatiser les tâches quotidiennes avec une conscience contextuelle affinée. La réponse vocale est annoncée plus véloce, la gestion inter-appareils repensée via le nouveau centre HyperConnect, qui ambitionne de fédérer l’écosystème grandissant de la marque (smartphones, tablettes, objets connectés) sous un même tableau de bord.
Le calendrier bêta chinois, déjà bien engagé depuis le 14 août avec une première vague couvrant les Xiaomi 17, Redmi K90 et Pad 8, prévoit deux extensions successives les 27 août et 17 septembre. Aucun programme bêta global n’a toutefois été officiellement annoncé, et Xiaomi n’a communiqué aucune date de sortie stable pour les marchés internationaux. Les builds .PRE détectés sur les serveurs pour des dizaines d’appareils Redmi et POCO (y compris des modèles d’entrée de gamme et des séries antérieures comme la famille Xiaomi 13) témoignent d’un travail préparatoire d’ampleur, sans pour autant constituer une promesse de mise à jour.
La prudence reste donc de mise pour les utilisateurs tentés d’installer manuellement un firmware glané en ligne. Un package destiné à une autre région ou à un canal de développement peut provoquer des échecs d’installation, des incompatibilités réseau ou bloquer les futures mises à jour OTA. Xiaomi peut réviser ou abandonner une branche firmware avant publication à tout moment.
Qu’un système d’exploitation passe du stade bêta à une version stable en quelques semaines sur Android 17, alors même que Google vient à peine de stabiliser sa propre plateforme, dit quelque chose de la cadence industrielle que Xiaomi entend désormais imposer à l’ensemble de l’écosystème Android.

