Xiaomi prépare avec HyperOS 4 la plus vaste refonte esthétique jamais entreprise sur ses appareils, et les visuels promotionnels qui ont fuité ces dernières semaines sur Weibo donnent une idée vertigineuse de l’ampleur du chantier. Translucidité généralisée, icônes en relief 2.5D, flous doux omniprésents, rendu lumineux en temps réel… le constructeur chinois ne retouche pas sa copie, il la réécrit de fond en comble sur une base Android 17.
Le concept baptisé « Liquid Glass » (ou « Soft Glass Design » selon certaines traductions du chinois) irrigue chaque recoin de l’interface, depuis l’écran de verrouillage jusqu’au Centre de contrôle en passant par les cartes de notification, qui adoptent désormais un empilement translucide et givré. Les captures extraites de prototypes internes de la série Xiaomi 18 montrent des couches superposées aux bords fondus, des rubans abstraits aux dégradés soyeux et une typographie plus grasse sur le lock screen, le tout pensé pour projeter une impression de profondeur quasi tactile. Chaque icône d’application gagne en volume grâce à un traitement 2.5D enrichi d’ombres portées et de reflets dynamiques, tandis que la barre de statut épaissit ses glyphes et que la barre de navigation gestuelle se raccourcit sensiblement.
L’écran d’accueil hérite lui aussi de nouveautés structurelles qui dépassent le simple lifting cosmétique. Les widgets empilables (stacked widgets) permettent de superposer plusieurs tuiles dans un même emplacement, une grille intelligente réorganise les icônes selon des gabarits de dossiers modulables, et un élément flottant de type « Dynamic Island » apparaît en haut de l’écran pour loger l’assistant IA et les alertes en temps réel. Xiaomi semble vouloir conjuguer densité d’information et lisibilité aérée, un exercice d’équilibriste que peu de surcouches Android réussissent du premier coup.
Le partenariat avec Leica, cantonné jusqu’ici au bloc photo, s’infiltre désormais dans la couche logicielle elle-même. Des coloris d’icônes estampillés Leica, des effets lumineux inspirés de l’optique du fabricant allemand et même des sons système griffés de la marque de Wetzlar seraient intégrés à HyperOS 4. Que cette greffe relève du raffinement esthétique authentique ou du badge marketing plaqué sur un thème reste à vérifier en conditions réelles, mais l’intention affichée est celle d’une identité visuelle totale, cohérente du déclencheur à la sonnerie.
L’intelligence artificielle occupe évidemment le second pilier de cette mise à jour. La version chinoise embarquera un « Super Xiao AI » dopé aux stéroïdes, là où les déclinaisons internationales intégreront très probablement Google Gemini. Le clavier Xiaomi se dote d’une option de saisie intelligente capable de traduire et transcrire du texte à la volée, et une fonction de prise de notes optimisée par IA complète l’arsenal. Peut-être que ces ajouts fonctionnels pèseront davantage au quotidien que le spectacle visuel du verre liquide.
Le calendrier, lui, s’annonce serré à en croire le leaker CoolAPK. Les inscriptions au programme bêta auraient ouvert dès le 5 août en Chine, un événement de lancement serait prévu le 6, et les premiers builds bêta commenceraient à atterrir sur les appareils enrôlés le 7 août. Une séquence éclair, en tout cas pour le marché chinois, les utilisateurs internationaux devant patienter au minimum quelques semaines supplémentaires avant de goûter au verre liquide. Xiaomi n’a encore rien confirmé officiellement sur aucun de ces jalons.
La portée de cette refonte dépasse le seul smartphone. HyperOS ambitionne depuis sa naissance de fédérer téléphones, tablettes, montres connectées et objets domotiques sous un même langage logiciel. Appliquer le Liquid Glass à l’ensemble de cet écosystème reviendrait à offrir une cohérence graphique que même Apple a mis des années à peaufiner entre iOS, iPadOS et watchOS. Et si Xiaomi y parvenait dès cet automne, la question ne serait plus de savoir qui copie qui, mais qui ose le plus.

