Mark Carney et Emmanuel Macron ont mandaté dès le dimanche 20 septembre 2026 leurs agences spatiales ainsi que leurs ministères de la Défense pour étudier le déploiement d’infrastructures de lancement spatial communes et de stations terriennes de réception de données satellitaires. La rencontre s’est déroulée sur l’archipel de Saint-Pierre-et-Miquelon, territoire français d’Amérique du Nord peuplé de 6 000 habitants (dont 600 résidents sur l’île de Miquelon), situé à une vingtaine de kilomètres des côtes de Terre-Neuve. Aucun Premier ministre canadien ne s’était rendu sur place en visite officielle. L’annonce politique devance à ce stade le calendrier budgétaire, dans la mesure où aucun financement pluriannuel n’a encore été voté pour ces chantiers orbitaux.
Cette démarche prolonge une séquence diplomatique engagée dès les premiers jours du mandat de Mark Carney, assermenté en mars 2025 avant de se rendre à Paris puis à Londres. La Commission européenne a formellement proposé au Canada d’intégrer l’Union européenne avec un statut de « membre associé », par la voix d’Ursula von der Leyen lors de son discours à Strasbourg le mercredi 16 septembre 2026. Le chef du gouvernement canadien a salué cette ouverture le jeudi 17 septembre 2026 devant les parlementaires européens, en défendant des rapprochements réglementaires sur les services financiers et les mobilités étudiantes. Ottawa participe déjà au programme d’acquisition de défense de l’Union européenne, fait sans équivalent pour un État situé hors du continent européen.
À Saint-Pierre, Mark Carney a justifié cette entente par la proximité géographique et le partage de principes démocratiques : « Seuls quelques kilomètres séparent le Canada et la France à leur point le plus proche. Nos valeurs sont encore plus proches. »
Le dirigeant canadien a orienté ses priorités industrielles vers la sécurisation des semi-conducteurs, l’intelligence artificielle, l’extraction de minéraux critiques et le déploiement de constellations satellitaires. Ce positionnement traduit une volonté d’émancipation face à la tutelle technologique américaine. L’accès aux pas de tir guyanais exploités sous l’égide du Centre national d’études spatiales (CNES) et de l’Europe spatiale offrirait une alternative souveraine aux bases de lancement de Floride. Cette démarche conforte les orientations adoptées lors du sommet spatial européen afin de garantir une autonomie d’accès à l’orbite face aux monopoles privés d’outre-Atlantique.
Emmanuel Macron a annoncé l’organisation sur l’archipel d’un Forum polaire franco-canadien, assortie de l’extension des prérogatives accordées à la commission régionale sur la transition énergétique. Le village de Miquelon demeure fortement exposé à l’érosion côtière et aux tempêtes maritimes, justifiant un plan de relocalisation dont la deuxième phase mobilisera 25 millions d’euros pour déplacer les habitations menacées hors de la zone submersible. En parallèle, la coopération bilatérale prépare l’accueil du Sommet de la Francophonie prévu en 2028 dans la région de la capitale nationale du Canada. Les milieux d’affaires coordonnent également un protocole commercial bilatéral. Alain Di Crescenzo, président de CCI France, a soutenu cette orientation : « La confiance qui unit déjà nos deux pays est un avantage que peu de partenariats commerciaux dans le monde peuvent revendiquer. »
La stratégie d’Ottawa s’étend au-delà de l’axe avec Paris. Les gouvernements canadien et norvégien ont validé par un communiqué conjoint la finalisation d’un protocole d’entente spatial dédié à la surveillance de l’Arctique et à la sécurité maritime. Cette diplomatie active suscite de vives réactions à Washington. Donald Trump a agité la menace de barrières douanières punitives, qualifiant d’hostile ce statut d’associé négocié avec Bruxelles. Le Premier ministre canadien a répliqué en affirmant que le renforcement des capacités industrielles entre partenaires de l’OTAN consolidait la sécurité collective de l’Alliance au bénéfice de l’ensemble des membres.
L’établissement d’installations conjointes entre l’Agence spatiale canadienne et le CNES exigera des harmonisations juridiques poussées sur le transfert de technologies sensibles. Sur le plan opérationnel, la filière européenne affronte les déboires et arbitrages sur Ariane 6, marqués par l’abandon d’évolutions de propulsion et une cadence de tir sous tension à Kourou. Ce modèle d’accès partagé s’oppose frontalement à la doctrine spatiale de Washington, qui vise un millier de tirs annuels d’ici 2030 en s’appuyant sur l’hégémonie de SpaceX. Les deux délégations ont quitté l’archipel pour rejoindre New York, où l’ouverture des débats de l’Assemblée générale des Nations unies testera dès le 22 septembre 2026 la solidité de ce front bilatéral…

