Cyberleek refait surface à six semaines de la sortie de GTA 6, prévue le 19 novembre 2026. Personne ne sait encore qui se cache derrière ce pseudonyme (une seule personne ou tout un groupe). Le 10 octobre, le leaker a publié sur son site un texte intitulé « The Offer ». Il y menace de diffuser une build complète du jeu, avec le mode histoire terminé jusqu’au générique de fin, dès que son jeton atteindra 30 millions de dollars de capitalisation.
« Voici le marché, propre et sans bavure. CYBERLEEK atteint 30 millions de capitalisation, la build sort. Mode histoire complet, joué jusqu’au bout, générique compris. Vous ne croyez pas au mode histoire complet ? Demandez ce que vous voulez voir, on vous le fournira. Take-Two n’a qu’une porte de sortie. Des disques physiques et des excuses publiques. Ils peuvent la prendre à tout moment. Ou parier que CL bluffe. Tout le monde sait ce qu’ils choisiront. », écrit Cyberleek, le pirate anonyme à l’origine des fuites de GTA 6.
Un memecoin sur Solana au cœur du chantage
Ces 30 millions ne correspondent à aucune demande de rançon adressée à Rockstar. Il s’agit en fait de la capitalisation d’un jeton crypto baptisé CYBERLEEK et lancé sur la blockchain Solana, soit le nombre de jetons en circulation multiplié par leur cours. Pour déclencher la fuite, il faut donc que des acheteurs fassent grimper le prix. À cette heure, la capitalisation est environ 4,4 millions de dollars, après un pic à près de 8 millions dans la journée. On est donc encore très loin du seuil.
D’après les données de la blockchain, le nom de domaine a été enregistré le 14 août et le jeton a commencé à s’échanger le 15. La première fuite est tombée trois jours plus tard. Les vidéos portaient des QR codes qui renvoyaient vers le jeton et les acheteurs obtenaient le droit de voter pour décider quelles seraient les prochaines séquences diffusées. Le cours a dépassé les 20 millions de dollars de capitalisation le 23 août. Il s’est ensuite effondré quand le compte du pirate a retiré environ 250 000 dollars.
Il y a fort à parier que la nouvelle menace ressemble à une deuxième manche de ce rug pull (une arnaque où les créateurs d’un token crypto vendent massivement sur le marché et ruinent les détenteurs de jetons). Plus tôt, Cyberleek a proposé des paliers de capitalisation, promettant de dénuder Lucia dans ses prochaines vidéos : en bikini à 2 millions et une Lucia nue à 4 millions. Objectif atteint. Il s’est donc exécuté avec une nouvelle diffusion où l’on voit Lucia sauter en parachute entièrement nue. S’en est suivie une nouvelle forte baisse du cours du token. On cherche encore le combat pour les droits des joueurs là-dedans.
Une menace crédible, une promesse floue
Le pirate s’appuie sur ses fuites passées. Au début du mois d’octobre, il a mis en ligne environ 25 minutes de gameplay inédit, avec une vue à la première personne, des courses, des cinématiques et un Jason nu, probablement affiché grâce à un mode debug. Rien de tout cela ne vient d’une IA. Cyberleek a très certainement accès à une build fonctionnelle. Le texte ne dit pourtant pas s’il compte publier une version jouable ou une simple vidéo du jeu joué jusqu’à la fin.
L’affaire du jeu dématérialisé sert de prétexte au chantage mais personne n’est dupe sur l’objectif qui est, évidemment, de tirer le maximum d’argent avant la sortie du jeu, date après laquelle le pirate n’aura plus de moyens de pression sur Rockstar. Le manifeste de Cyberleek s’en prenait déjà aux précommandes numériques et aux boîtes avec code. Les défenseurs de la préservation des jeux physiques désapprouvent fermement la méthode. « Utiliser des moyens illégaux pour défendre une cause est inacceptable pour nous et ne protège en rien notre droit de continuer à utiliser ce que nous avons payé. », répond Stop Killing Games, le collectif de défense de la préservation des jeux vidéo.
Spoilers, enquête et précédent dangereux
En droit, cette menace s’apparente à de l’extorsion appuyée sur du vol de propriété intellectuelle. En août, Take-Two a demandé à la justice des injonctions de communication (les « subpoenas » américains) visant Discord, Microsoft et X pour identifier la source des fuites. Aucun résultat n’a été rendu public depuis. Rockstar a de son côté parlé de fuites « déchirantes pour notre équipe » et prévenu que les images pouvaient contenir des spoilers. Le message vient de Rockstar Games, le studio qui développe GTA 6.
Pour les joueurs, une fuite de la fin du jeu aurait des lourdes conséquences. Les révélations envahiraient les forums, les chats et les commentaires, sur un jeu solo à forte dose narrative. Céder aux exigences ouvrirait aussi la porte à d’autres chantages, sur GTA 6 comme sur les prochains gros jeux. Un lancement avancé pour couper l’herbe sous le pied du pirate paraît peu probable à ce stade. Certains fans parlent même d’une opération marketing déguisée, une hypothèse que l’argent en jeu rend très peu crédible.
En attendant le 19 novembre, le meilleur conseil tient en deux choses. N’achetez pas ce jeton, et coupez vos veilles « GTA 6 » sur vos réseaux sociaux.

