Le département américain de la Défense a mis en ligne 71 dossiers sur les phénomènes non identifiés ce vendredi 18 septembre 2026. Cette diffusion alimente la sixième tranche du programme PURSUE (Presidential Unsealing and Reporting System for UAP Encounters) sur la plateforme fédérale war.gov. Ce déploiement suit un calendrier régulier entamé le 8 mai, puis poursuivi les 22 mai, 12 juin, 10 juillet et 7 août. L’opération se sépare du mécanisme de dérogation aux accords de confidentialité présenté plus tôt dans la semaine par les autorités militaires. Elle fait suite aux premiers documents déclassifiés du gouvernement américain livrés au printemps.
L’archive rassemble 67 pièces fournies par le Pentagone et 4 rapports transmis par des policiers et shérifs locaux du Colorado. L’ensemble regroupe 55 fichiers PDF, 15 vidéos et un enregistrement audio historique, pour des faits constatés entre 1952 et 2025. Sur ces 71 éléments, 64 documents comportent des caviardages destinés à masquer l’identité des observateurs ou les coordonnées d’infrastructures sensibles.
La séquence la plus commentée provient du commandement central américain (CENTCOM), enregistrée au-dessus du Moyen-Orient en 2025. Les capteurs optroniques y verrouillent six petites sphères volant en groupe. Le compte rendu d’incident décrit des évolutions agiles accompagnées de fréquents changements de direction, à une vitesse évaluée à 770 km/h. Une seconde vidéo militaire enregistrée dans la même zone en 2022 présente un objet de 1 à 2 mètres naviguant de façon erratique entre 130 et 290 km/h au milieu d’un théâtre d’opérations. Deux autres séquences infrarouges proviennent de l’Indo-Pacific Command, obtenues en 2023 au-dessus de la mer Jaune et de la mer de Chine orientale.
Les quatre enregistrements du Colorado ont été captés au smartphone en octobre 2023 par des policiers de terrain. Les agents y décrivent une cible dépourvue d’émission sonore, équipée de lumières clignotantes rouges, bleues et vertes. Ce volet illustre la transmission directe d’observations locales vers l’AARO (All-domain Anomaly Resolution Office). L’agence fédérale rappelle que les petites sphères métalliques composent une part importante des signalements collectés. Ses analystes soulignent toutefois l’absence d’élément vérifiable rattachant ces observations à une technologie extraterrestre, une réserve rappelée dans le reportage diffusé par NBC News.
Le lot réactive également 37 documents de référence de l’AAWSAP (Advanced Aerospace Weapon System Applications Program), un programme supervisé par la Defense Intelligence Agency de 2008 à 2012. Ces dossiers abordent la propulsion par distorsion spatiotemporelle, les trous de ver traversables, l’antigravité et le camouflage optique. La plupart de ces synthèses circulaient déjà sur internet via des requêtes FOIA. L’intérêt de cette publication réside dans la mention non caviardée des directions de renseignement qui avaient commandé ces travaux. Le Pentagone spécifie d’ailleurs que ces textes forment des travaux de synthèse, et non des recherches originales validées scientifiquement. L’un de ces fascicules, fort de 38 pages, inventorie les lésions physiologiques attribuées à des engins non identifiés. Le texte relate le cas de trois techniciens et ingénieurs souffrant d’érythèmes, de pertes de cheveux et d’indicateurs radiologiques ayant évolué vers des lésions malignes au fil des années. Cette documentation appelle la même prudence d’analyse que l’étude ukrainienne sur les OVNIS, dont les affirmations sensationnelles s’étaient heurtées aux exigences de la mesure physique.
Une archive sonore d’une heure replace cette déclassification dans une perspective historique. Enregistré en 1952, cet entretien fait entendre l’officier de l’Air Force Edward Ruppelt, premier directeur du Project Blue Book entre 1952 et 1953, avant que le programme ne soit prolongé jusqu’en 1969. Le responsable y commentait le tri de quelque 800 dossiers transmis par les aviateurs : « Nous avons passé ces rapports en revue et constaté qu’environ 20 % sont des témoignages très solides, fournis par des personnes très fiables, et qu’absolument aucune conclusion ne peut en être tirée ».
Les documents versés contiennent aussi les analyses de l’observation de Tremonton, survenue en Utah le 2 juillet 1952, lorsqu’un spécialiste en photographie aérienne de l’US Navy enregistra sur pellicule Kodachrome une douzaine d’objets réfléchissants.
Soixante-quatorze ans séparent les émulsions chimiques de Tremonton des caméras thermiques du CENTCOM. Les volumineux dossiers mis en ligne par Washington empilent les relevés de capteurs et les synthèses théoriques sans livrer la moindre pièce matérielle probante. Entre les études prospectives commandées dans les années 2010 et les 20 % de cas inexpliqués recensés en 1952, l’appareil militaire américain documente scrupuleusement ses lacunes techniques sans parvenir à identifier la source des phénomènes observés.

