Bandai a dévoilé un objet qui tient de la prouesse miniaturiste et du coup de génie marketing, le Tamagotchi Ring, trente-neuvième itération de la saga et tout premier modèle conçu pour se porter au doigt. L’œuf numérique culte des années 90, celui qui a déjà écoulé plus de 100 millions d’unités à travers le monde, se retrouve réduit à 56 % de la taille de l’original de 1996 et loge désormais sur une bague ajustable (tailles 10 à 14, avec espaceur fourni).
Le boîtier mesure 28 mm de haut pour 23 mm de large, embarque un écran LCD couleur de 0,56 pouce (118 × 138 pixels) et ne compte que 64 composants au total, soit 52 pièces électroniques et 12 éléments plastiques, là où le Tamagotchi Paradise sorti en 2025 en avait encore 116. Deux années de développement ont été nécessaires pour obtenir cette compression, et l’équipe de Bandai a dû abandonner les vis métalliques classiques au profit d’un assemblage par adhésif, une quasi-première dans l’histoire de la série. On retrouve d’ailleurs la bague en action dans la vidéo de présentation officielle diffusée par Bandai. Les trois boutons frontaux hérités du design originel sont devenus purement décoratifs, selon Yuri Okamoto, responsable de la planification au sein de la division jouets, qui a confié lors du Tokyo Toy Show 2026 que « les boutons de façade sont décoratifs » et que les véritables commandes se trouvent désormais sur les flancs du boîtier.
La recharge inaugure elle aussi un dispositif inédit dans la lignée Tamagotchi, avec un socle dédié utilisant un système de contact à deux points emprunté aux écouteurs sans fil, où le moindre décalage d’un millimètre suffit à empêcher le chargement. La batterie lithium-ion intégrée tient un peu moins de deux jours sur une charge complète, ce qui oblige à garder le socle (connecté en USB Type-A) relativement proche de son quotidien…
Côté gameplay, la bague conserve l’intégralité des mécaniques d’élevage, du nourrissage au nettoyage en passant par les mini-jeux et la rénovation de la chambre, et propose une évolution vers plus de 30 personnages issus des trois décennies de la franchise (dont les incontournables Mametchi et Kuchipatchi, ainsi que des créatures secrètes). Aucun capteur biométrique, aucune collecte de données personnelles, aucune connexion Bluetooth ne vient parasiter l’expérience, ce qui, à l’heure où chaque bague connectée cherche à quantifier votre sommeil ou votre fréquence cardiaque, ressemble à une forme de résistance polie.
Trois finitions sont disponibles, Pink & Pearl White avec un cadre aurore nacré, Light Blue & Metallic Gold et Black & Metallic Silver, toutes affichées à 7 700 yens (l’équivalent de 48 euros). Les précommandes sur Premium Bandai restent hélas une exclusivité Japon et Amérique du Nord, hors d’atteinte pour la France et l’Europe. Il faudra donc avoir recours a l’import ou attendre un lancement européen pour se la procurer.
Qui aurait parié qu’un jouet dont le nom signifie littéralement « montre-œuf » finirait par épouser la forme d’une chevalière, trente ans après avoir colonisé les cours de récréation ? Le marché du jouet physique, cerné de toutes parts par les écrans de smartphones, cherche à se réinventer par le tactile et l’affect, et les 49 % de ventes réalisées au Japon (contre 33 % aux États-Unis et 16 % en Europe) montrent que la nostalgie reste un moteur commercial redoutablement efficace. Le Tamagotchi Ring pourrait bien servir de test grandeur nature pour toute une génération de gadgets portables qui misent, non sur la donnée, mais sur le plaisir pur de garder en vie quelque chose de totalement inutile.

