Un dossier d’homologation déposé auprès de la FCC sous la référence CFI-ZCP2 a suffi pour enflammer les forums de joueurs. Nos confrères de GameGPU on compilé ce que l’on sait de la prochaine manette estampillée PlayStation. Fidèle à ses habitudes, Sony n’a rien annoncé, rien confirmé et rien démenti. Le silence de Tokyo reste une chorégraphie bien rodée.
Ce document réglementaire concerne avant tout une révision matérielle de la DualSense Edge. Le modèle d’origine, référencé CFI-ZCP1, conserve ses modules interchangeables et son tarif salé de 239,99 euros depuis janvier 2023 sans avoir connu la moindre évolution. Sa remplaçante présumée, repérée sur le forum ResetEra puis relayée par Eurogamer, porte le numéro CFI-ZCP2 et ne devrait pas bouleverser l’ergonomie générale de l’accessoire. L’explication dominante tient en une exigence de réparabilité que l’UE impose désormais à toute l’industrie. Le règlement européen sur les batteries, applicable dès le 18 février 2027, exige en effet que l’utilisateur puisse extraire et remplacer la batterie d’un appareil sans tournevis propriétaire ni outillage complexe. Nintendo a déjà adapté les plans de sa future Switch 2 pour s’y plier et Sony semble contraint d’emprunter la même trajectoire. La notice d’utilisation et les schémas internes restent d’ailleurs sous embargo officiel jusqu’au 31 janvier 2027, une date qui donne un indice sérieux sur la fenêtre de lancement du produit.
Les brevets exhumés par les observateurs esquissent en parallèle les contours de la future DualSense 2.0, la manette standard pressentie pour accompagner la PlayStation 6. Les schémas mentionnent un retour haptique perfectionné, des gâchettes adaptatives à résistance variable plus nuancée et des capteurs magnétiques de nouvelle génération étudiés pour éradiquer définitivement le phénomène de drift. Près de six ans après les débuts de la PS5 et l’avalanche de plaintes sur la dérive prématurée des joysticks, l’argument technique ferait mouche auprès des joueurs excédés de devoir racheter une manette après quelques centaines d’heures d’utilisation.
Un autre concept, baptisé DualSense Touch, pousse l’expérimentation plus loin avec des surfaces tactiles capacitives multizones destinées à remplacer les boutons d’action, la croix directionnelle et les sticks physiques, le tout s’adaptant à la morphologie de la main. Il s’agit là du domaine classique des brevets défensifs, déposés pour bloquer la concurrence sans garantie d’application commerciale.
Les brevets publiés ces dernières semaines autour des écrans tactiles ou des sticks à technologie TMR ne montrent en rien une feuille de route officielle, et les confondre avec une annonce officielle serait d’un optimisme naïf. La seule certitude tangible tient dans ce petit numéro de dossier administratif, CFI-ZCP2, attestant d’une révision de la manette Edge programmée pour l’aube de 2027, au moment précis où Bruxelles viendra vérifier que votre batterie se retire sans devoir éventrer le plastique au scalpel.

