Bitwise Investment Advisers a annoncé le 10 septembre 2026 la liquidation de son ETF Dogecoin, coté sous le ticker BWOW sur le NYSE Arca, dont l’ultime séance de cotation est fixée au 14 octobre 2026. Lancé le 26 novembre 2025, le fonds aura affiché une durée de vie d’à peine plus de dix mois, une promenade de santé bien trop courte pour un canidé qui croyait pouvoir courir avec les loups de Wall Street.
L’entreprise invoque dans son communiqué la volonté d’optimiser sa gamme de produits pour répondre aux besoins évolutifs des investisseurs, une formule corporate telle qu’elle ne dit absolument rien. Les porteurs de parts encore présents pourront vendre leurs lignes sur le marché secondaire jusqu’à la clôture du 14 octobre ou attendre la distribution en numéraire prévue le 22 octobre, calculée sur la valeur liquidative arrêtée la veille. La création de nouvelles parts cessera dès l’ouverture du 15 octobre, scellant la fin programmée du produit.
BWOW avait attiré environ 3 millions de dollars d’échanges durant sa première semaine d’existence avant de tomber dans l’oubli. Les actifs sous gestion ont rapidement chuté sous la barre du million de dollars. Au 30 juin 2026, le portefeuille ne conservait que 6,56 millions de DOGE valorisés à 473 699 dollars, tandis que la valeur liquidative par part s’était effondrée de 19,21 dollars fin 2025 à 11,84 dollars à la mi-2026, accusant un recul de 38,37 % sur le seul premier semestre. Les frais de gestion fixés à 0,34 % ne s’appliquaient plus qu’à une masse d’actifs devenue microscopique.
Le Dogecoin lui-même a perdu environ 66 % de sa valeur sur un an pour stagner autour de 0,085 dollar, glissant à une capitalisation de 13 milliards de dollars qui l’a éjecté du top 10 mondial des cryptomonnaies. L’ensemble des ETP américains adossés au jeton canin n’a attiré que 318 000 dollars de flux nets en août 2026. On peut difficilement parler d’engouement, et encore moins de triomphe institutionnel.
Bitwise avait déjà procédé au début de l’été à la fermeture de plusieurs ETF à stratégie de rendement sur options, confirmant une politique d’élagage méthodique de ses fonds les moins rentables. La question de savoir pourquoi un gestionnaire d’actifs réputé sérieux avait jugé opportun de lancer un véhicule régulé sur une cryptomonnaie née d’une plaisanterie en 2013 reste entière. Les produits concurrents, notamment le GDOG de Grayscale, le TDOG de 21Shares et le DOJE de REX-Osprey, poursuivent leurs cotations pour le moment.
L’industrie des ETF crypto continue ainsi de concevoir des produits financiers dont la viabilité repose sur l’illusion que l’ironie collective peut se transformer en flux de capitaux durables. Le Dogecoin, né d’une simple parodie du Bitcoin, aura au moins prouvé une chose avec l’échec de BWOW, à savoir que la plaisanterie résiste rarement à son institutionnalisation par Wall Street.

