Bitcoin : tout savoir sur le roi des crypto-monnaies

Hugo Da Silva 2k vues
Crédit : Starline/Freepik

La Bitcoin est un véritable phénomène de société, sa popularité a connu une croissance fulgurante ces dernières années, à tel point qu’il est impossible de ne pas en avoir entendu parler, à moins d’avoir vécu dans une grotte ces dix dernières années… Mais malgré le flot d’informations relayées par les médias, savez-vous vraiment de quoi il s’agit ? Le roi des crypto-monnaies a connu un parcours flamboyant mais aussi semé d’embûches et de controverses. Pourtant, il continue de fasciner et d’intriguer, et il pourrait bien bouleverser notre façon de voir l’argent dans les années à venir. Alors, qu’est-ce que le bitcoin ? Comment fonctionne-t-il ? Aura-t-il un bel avenir et pourquoi est-il si controversé ? On vous explique tout dans cet article.

Qu’est ce que le Bitcoin ?

Le Bitcoin est une monnaie numérique qui, grâce à sa décentralisation et son usage de la cryptographie pour assurer la sécurité des transactions, n’est soumise à aucun gouvernement ni institution financière. Cette devise s’est révélée au grand public en 2009, conçue par une personne ou un groupe de personnes se cachant derrière le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Notons que les prémices de cette idée remontent à 2008, année de création du nom de domaine bitcoin.org.

Le pouvoir de la décentralisation du Bitcoin

La décentralisation est au cœur du Bitcoin et c’est clairement ce qui fait sa force, le différenciant ainsi des systèmes monétaires traditionnels. Dans ces derniers, une entité centrale, telle qu’un gouvernement ou une banque centrale, régit l’émission et la circulation de la monnaie. Cette centralisation peut rendre le système vulnérable aux manipulations et aux ingérences, l’autorité centrale détenant un pouvoir considérable et un contrôle accru.

À l’opposé, le Bitcoin repose sur la décentralisation, excluant ainsi tout contrôle d’une autorité centrale. La force motrice derrière cette devise est un réseau d’ordinateurs qui vérifient et enregistrent les transactions. Ce réseau décentralisé assure qu’aucun parti n’ait un pouvoir ou un contrôle excessif sur le système.

Ce système offre de nombreux avantages pour les utilisateurs de Bitcoins. Elle garantit une transparence accrue, puisque l’historique des transactions est disponible publiquement sur la blockchain. De plus, elle offre une sécurité renforcée, car le réseau décentralisé est moins vulnérable aux attaques et aux perturbations.

La décentralisation confère une plus grande indépendance et un meilleur contrôle aux utilisateurs, qui ne sont plus tributaires d’une autorité centrale pour réaliser leurs transactions. Le Bitcoin est donc une véritable révolution dans le domaine monétaire, offrant une alternative dynamique et sécurisée aux systèmes traditionnels.

Fonctionnement avec la technologie blockchain

Infographie - Fonctionnement de la blockchain
Infographie – Fonctionnement de la blockchain

La technologie blockchain repose sur un concept relativement simple mais extrêmement efficace. Au cœur de cette innovation se trouve le Bitcoin, une monnaie cryptographique dont les transactions sont enregistrées dans un vaste registre public : la blockchain. Ici, tout est transparent et offre donc une protection optimale contre certaines pratiques frauduleuses, dont l’exemple notoire est la double dépense. En d’autres termes, réutiliser de façon illicite une même unité de Bitcoin est quasiment impossible.

Le génie du fonctionnement de la blockchain réside dans le principe du système pair-à-pair ou P2P qui favorise une coopération décentralisée entre particuliers et organisations. Fini les intermédiaires lors des transferts de fonds ! Chacun est maître de ses transactions grâce à ce système qui ouvre la voie à une autonomie financière sans précédent.

Mais comment garantir une telle sécurité dans ce système décentralisé? La réponse est : la « preuve de travail » ou Proof of Work (PoW). Associez cette méthode avec des procédés sophistiqués de chiffrement des données et vous obtenez une blockchain quasi inviolable.

Afin d’éclaircir le concept, penchons-nous sur la structure même de la blockchain – comme son nom l’indique, elle se compose littéralement d’une « chaîne de blocs ». Ces blocs ne sont autres que des enregistrements cryptés contenant les détails des transactions passées. Chaque bloc nouveau est lié à celui qui le précède formant ainsi cette chaîne incassable qui renforce encore davantage la sécurité.

Lorsque vous effectuez une transaction, comment celle-ci est-elle validée et intégrée à cette chaîne ? C’est là qu’interviennent les acteurs clés du réseau : les nœuds (nodes). Une fois qu’une transaction est effectuée, elle doit être confirmée par ces nœuds qui valident son authenticité et garantissent qu’elle ne peut être altérée ni dupliquée. Pour encourager leur participation active au réseau, ces nœuds reçoivent des récompenses en bitcoins fraîchement créés via un mécanisme appelé « mining » ou « minage ».

Minage de bitcoins

Le minage de bitcoins, connu sous le terme anglophone de « mining », n’est autre que la genèse de cette monnaie numérique. Une procédure qui repose sur l’exploitation de matériel informatique performant dans le but de résoudre des calculs mathématiques complexes. L’objectif ? Valider des transactions et enrichir la blockchain par l’ajout de nouveaux blocs.

Récompenser celui ou celle qui trouve la solution à ces énigmes, telle est la règle. Le mineur qui résous la transaction avec succès reçoit alors un nombre défini de bitcoins, un mécanisme qui incite les individus et organisations à s’engager dans le réseau et à préserver l’intégrité de la blockchain.

Cependant, le minage ne se fait pas sans sacrifice. Il exige du matériel informatique dédié, au coût significatif et à l’appétit énergétique vorace. L’électricité, consommée en abondance, constitue une dépense majeure dans ce processus rendant l’exercice rentable uniquement pour ceux bénéficiant d’un tarif électrique avantageux et disposant des compétences techniques indispensables pour maintenir les performances du matériel sur la durée.

Soulignons également que la complexité des problèmes mathématiques est savamment orchestrée : dure à résoudre, mais aisées à vérifier une fois la solution trouvée. Cette ingéniosité garantit qu’une quantité substantielle de puissance de calcul est nécessaire pour miner des bitcoins, tandis que la vérification des solutions reste d’une simplicité relative.

Le minage n’est pas une source intarissable. Le flux de bitcoins créés diminue progressivement, obéissant à une règle d’émission décroissante. En effet, seule une quantité maximale de 21 millions de bitcoins pourront circuler; un plafond délibéré destiné à encadrer l’inflation et garantir la valeur du bitcoin.

Comment acheter du Bitcoin ?

Achat Bitcoin

Les bitcoins peuvent être achetés facilement et à moindre frais sur des crypto-exchanges (aussi appelés crypto-brokers), telles que Binance, Kucoin et Coinbase. Ces exchanges permettent aux utilisateurs d’acheter et de vendre des bitcoins avec d’autres devises telles que l’euro, le dollars américain et la livre sterling.

Les utilisateurs peuvent également acheter des bitcoins directement sur des places de marché de peer to peer (P2P), comme LocalBitcoins. Toutefois, les prix y sont souvent plus élevés par rapport au cours réel.

En plus de ces deux méthodes principales, un large éventail d’autres options sont disponibles, comme l’achat de bitcoins par le biais d’un revendeur sans inscription ni vérification d’identité comme Guarda. L’achat de Bitcoin via cette plateforme est totalement anonyme sous un certain montant mais les frais sont plus élevés que sur les crypto-exchanges.

Utilisation et moyens de stockage

Pour utiliser et stocker des bitcoins, la meilleure solution est de disposer d’un portefeuille numérique avec une adresse. C’est à partir de cette adresse crypté et anonyme qu’il est possible d’acheter, vendre et transférer les bitcoins. Il existe différents types de portefeuilles : les mobile wallets, desktop wallets et hardware wallet.

Hardware Wallet

Les hardware wallets sont des dispositifs physiques qui permettent de stocker et de gérer les bitcoins. Ces portefeuilles sont généralement plus sécurisés que les portefeuilles mobiles et les portefeuilles desktop, car ils sont généralement protégés par une fonctionnalité de désactivation à distance. Les plus réputées sont les clefs Ledger Nano X et Safepal.

Mobile Wallets

Ce sont des applications spécifiques a télécharger sur smartphone ou tablette et qui permettent de gérer les bitcoins. Ils sont très simples à utiliser et à configurer. Ils offrent également des fonctionnalités supplémentaires, telles que la possibilité de scanner des codes QR ou de payer en ligne. Les plus connus et les plus sécurisés sont Guarda Wallet et Samourai Wallet.

Desktop Wallets

Ce sont applications pour ordinateur à télécharger et installer. Ces portefeuilles sont généralement plus robustes que les portefeuilles mobiles. Tout comme sur mobiles, Guarda Wallet et Samourai Wallet sont les deux plus réputés et les plus sûrs.

Le bitcoin est-il promis à un bel avenir ?

Fusée Bitcoin

Peut-on réellement prédire l’avenir du Bitcoin ? Soyons honnête, c’est impossible! Beaucoup trop de facteurs entrent en jeux : technologie, réglementation, fluctuations du marché, etc… À travers ces incertitudes, certains experts le voient quand même jouer un rôle clé dans le futur de l’écosystème financier et commercial.

L’argument le plus convaincant est sa capacité à offrir une alternative à la finance traditionnelle et de s’affranchir des structures monétaires gouvernées par les États. Ainsi, Bitcoin est un moyen sérieux de favoriser l’inclusion financière et d’atteindre des populations complètement exclues du circuit bancaire.

L’autre argument en faveur d’un ancrage durable du bitcoin dans notre avenir réside dans le potentiel des cryptomonnaies afin de diminuer les coûts des transactions financières. La technologie Blockchain permet en effet de réaliser des transactions sûres et rapides sans avoir recours à des intermédiaires financiers. Par conséquent, réduire les frais et le temps nécessaire pour transférer de l’argent n’est plus une utopie.

Mieux encore, l’adoption des cryptomonnaies ne cesse de croitre. De plus en plus d’entreprises, organisations et même individus acceptent désormais ces nouvelles devises comme moyen de paiement.

Il en est de même sur la scène politique internationale : Le Salvador et l’Ukraine ont déjà franchi le pas en reconnaissant le Bitcoin comme monnaie légale et d’autres pays pourraient suivre cette voie prochainement. L’Uruguay figure en tête de liste avec un projet visant à légaliser le Bitcoin en tant que moyen de paiement.

Évidemment, l’équation comporte plusieurs éléments qui semblent indiquer un belle avenir pour le bitcoin. Il faut tout de même rappeler que le Bitcoin doit encore prouver sa valeur ajoutée et l’écosystème crypto sa maturité pour dissiper certains doutes et faire taire les détracteurs. La faillite de la plateforme FTX en 2022, alors la deuxième au monde en termes de volume, à bien failli avoir la peau du roi des cryptomonnaies, est nous rappelle que l’écosystème demeure fragile.

Controverses et arguments des détracteurs

Bitcoin n’échappe évidemment pas aux controverses… elles sont multiples : sa volatilité extrême, son poids environnemental, ses failles sécuritaires et son usage dans un cadre illégal.

L’extrême volatilité du prix du Bitcoin fait parti de son ADN. Le prix connait aussi bien de spectaculaires ascensions que des chutes vertigineuses. Un phénomène qui ne manque pas d’attirer spéculateurs et investisseurs avides de profits immédiats. Toutefois cette instabilité interroge quant au capacité du Bitcoin d’assurer un rôle de valeur refuge (au même titre que l’Or) ou comme monnaie d’échange crédible. Les critiques les plus virulentes arguent que ces variations entravent son acceptation globale comme devise tandis que ses défenseurs y voient plutôt les signes d’une technologie naissante qui mûrit progressivement. Encore une fois, cet argument est à relativiser puisque le cours du bitcoin n’a cessé d’augmenter depuis sa création, passant de 0,01 dollars en 2010 pour atteindre un record de 68.789 dollars en novembre 2021. Il s’avère être l’un des investissements les plus lucratifs de l’histoire de la finance de marché.

Le « minage » – clef de voute de la validation des transactions et de la création monétaire – consomme une énergie considérable. A l’heure d’une prise de conscience écolo au niveau mondiale, c’est devenu un autre point de friction entre les Bitcoiners et ses détracteurs. En effet, le minage de Bitcoins est équivalent à la consommation énergétique de l’Autriche ou bien de la Colombie. C’est colossale! Il va sans dire que ce problème sera très difficile à régler puisque migrer vers une alimentation en énergie verte, donc plus chère, causera des soucis de rentabilité pour les mineurs.

Autre ombre au tableau, louée pour sa robustesse sécuritaire grâce à la blockchain rendant les transactions quasi inaltérables, le Bitcoin n’en reste pas moins vulnérable aux fraudes : vols de bitcoins, escroqueries ou encore piratages frappent régulièrement des plateformes d’échange. Autant de rappels des risques liés à la gestion des cryptomonnaies sans les protections réglementaires pour les utilisateurs.

Le rôle du bitcoin en faveur de la criminalité et du blanchiment d’agent est également pointé du doigt. Ses premières années d’existence était largement consacré au financement d’activités criminelles sur le Dark Web, telles que le trafic de drogue et la vente d’armes. C’est en partie pour cette raison qu’on l’appelle « monnaie préférées des criminels« . Mais depuis, le renforcement des contrôles et les techniques de traçage rendent l’utilisation illicite Bitcoin plus difficile.

En tout état de cause, tous ces problèmes sont de véritables casses tête et nuisent à la pérennité du roi des cryptos. L’avenir de l’écosystème tout entier dépendra donc de la capacité de la communauté et des législateurs à résoudre ces problèmes de manière astucieuse.

 

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