Le quartier de Wicker Park, à Chicago, abrite depuis le 8 août 2026 le tout premier café sous licence officielle Demon Slayer sur le sol américain, une incursion commerciale qui en dit long sur l’appétit nord-américain pour l’univers de Kimetsu no Yaiba. Installé au 1422 North Milwaukee Avenue, l’établissement propose une immersion thématique complète autour de l’arc du Quartier des Plaisirs (Entertainment District Arc), l’un des segments les plus populaires de la série animée produite par le studio ufotable.
La carte, calibrée pour séduire autant les estomacs que les nostalgiques de Tanjirō et compagnie, décline quatre entrées, cinq plats, quatre boissons originales et deux desserts, avec des prix oscillant entre 1,99 et 22,99 dollars. On y trouve notamment des gyōza baptisés « Entertainment District Night Market », un élixir inspiré du voile de soie de Daki ou encore le « Calm Current Tea » de Giyū Tomioka. Le merchandising, lui, ratisse large avec des t-shirts, casquettes, pins et mugs dont les tarifs grimpent jusqu’à 64,99 dollars. Le décor intérieur reproduit fidèlement l’atmosphère nocturne et chatoyante de l’arc en question, transformant chaque visite en exercice de fan service grandeur nature.
L’établissement ouvre ses portes de 11 heures à 21 heures du lundi au jeudi, puis étend ses horaires jusqu’à 22 heures les vendredis et samedis. Aucune date de fermeture n’a été communiquée à ce jour, pas plus qu’un éventuel déploiement dans d’autres villes américaines… ce qui laisse planer un suspense que les fans de shōnen savent apprécier.
Ce café chicagoan s’inscrit dans une stratégie d’expansion déjà bien rodée au Japon. Le studio ufotable exploite actuellement des cafés thématiques à Tokyo, Nagoya, Osaka, Tokushima et Fukuoka, auxquels s’ajoutent le restaurant ufotable Dining à Tokyo et un bar à mocktails Demon Slayer ouvert à Ginza en avril 2025. Tous ces lieux servent de vitrines gastronomiques pour la franchise, mêlant restauration et vente de produits dérivés dans un modèle économique qui a largement fait ses preuves sur l’archipel. L’arrivée d’un premier point de vente physique en Amérique du Nord marque, du moins pour le marché occidental, un palier dans la monétisation de la propriété intellectuelle.
Pourquoi Chicago et non Los Angeles ou New York, bastions traditionnels de la culture otaku aux États-Unis ? Le choix de Wicker Park, quartier réputé pour sa scène créative et sa clientèle jeune, suggère une volonté de cibler un public urbain déjà familier des expériences immersives éphémères (pop-up stores, escape games, expositions interactives) plutôt que de miser sur la seule densité de fans d’anime. La formule du café thématique à durée indéterminée, ni tout à fait éphémère ni franchement permanente, permet de tester la demande réelle avant d’engager des investissements plus lourds sur le continent.
Le phénomène dépasse largement la tasse de thé de Giyū. Les cafés d’anime sous licence officielle restent encore rares en dehors du Japon, et la plupart des tentatives occidentales se sont jusqu’ici limitées à des collaborations temporaires avec des chaînes existantes. L’ouverture d’un lieu entièrement dédié à une seule franchise, avec un menu conçu sur mesure et un décor immersif, représente un pari commercial d’un autre calibre. Si l’expérience de Chicago s’avère rentable, elle pourrait bien ouvrir la voie à d’autres franchises animées désireuses de planter leur drapeau, et leur carte de fidélité, dans les grandes métropoles nord-américaines.

