Un milliard. Le chiffre tombe comme un coup de poing, annoncé par Meta, et dit tout de l’appétit des utilisateurs pour une connexion débarrassée des mots de passe. Un milliard de personnes ont déjà configuré une passkey sur WhatsApp depuis le lancement de cette technologie en 2024. La messagerie pousse aujourd’hui l’avantage en permettant d’en enregistrer plusieurs sur un même compte que ce soit sur iOS et Android.
Jusqu’ici, une seule clé d’accès pouvait être associée à un profil, une contrainte absurde pour quiconque jongle entre plusieurs appareils. La mise à jour, accessible sous Réglages > Compte > Passkeys, brise donc cette limite et permet d’ajouter autant de passkeys que nécessaire, chacune liée à un appareil distinct. Empreinte digitale, reconnaissance faciale, code de verrouillage d’écran… le principe reste le même mais avec plus de souplesse.
Pour ceux qui l’ignorent encore, la passkey s’appuie sur un couple de clés cryptographiques dont une partie ne quitte jamais le terminal de l’utilisateur. Un attaquant, aussi habile soit-il dans l’art du phishing, se heurte donc à un mur puisqu’il faudrait qu’il tienne l’appareil entre ses mains pour franchir la barrière de sécurité. Multiplier les passkeys par compte ne fragilise en rien la sécurité, mais au contraire, l’étend à chaque terminal utilisé au quotidien.
WhatsApp a profité de cette annonce pour muscler aussi sa vérification en deux étapes. L’ancien PIN à six chiffres trop fragile face aux outils de brute force, cède donc la place à un vrai mot de passe alphanumérique long. Meta le présente comme une couche de protection supplémentaire destinée à empêcher la prise de contrôle d’un compte, même lorsqu’un code à usage unique a été intercepté. On passe, en somme, d’un verrou symbolique à une serrure digne de ce nom.
Les utilisateurs Android héritent par ailleurs d’un filtre anti-arnaque sur les appels entrants. Si un numéro inconnu tente de joindre quelqu’un, l’application affiche désormais si l’appelant se trouve dans un autre pays et s’il partage des groupes en commun avec le destinataire. « Les escrocs misent sur l’urgence », rappelle WhatsApp dans son communiqué, « désormais on peut prendre un moment avec plus d’infos avant de répondre. » Un ajout qui vise directement les campagnes de vishing, des appels frauduleux où la pression psychologique remplace le lien piégé.
Signal a récemment déployé la vérification automatique des clés, Telegram a intégré à son tour le support des passkeys, et l’ensemble de l’écosystème des messageries semble engagé dans une course à l’armement sécuritaire. Les tentatives de phishing ciblant ces plateformes sont devenues plus sophistiquées et chaque acteur tente de verrouiller ses portes avant que les assaillants ne changent encore de méthode.
Reste que la technologie ne vaut que par son adoption. Un milliard de passkeys configurées, c’est colossal, mais WhatsApp revendique plus de deux milliards d’utilisateurs actifs ce qui veut dire que la moitié ne l’utilise pas encore. Pour ceux qui n’ont pas encore franchi le pas, la possibilité d’enregistrer plusieurs clés d’accès supprime l’un des derniers freins pratiques. Le mot de passe classique continue de mourir à petit feu… et personne ne le pleurera.

