Volkswagen tourne le dos aux matricules à chiffres pour ses SUV à batterie et abat sa carte maîtresse avec l’ID. Tiguan. Wolfsburg enterre d’un coup les ID.4 et ID.5 pour installer le patronyme le plus vendeur actuellement. C’est donc officiel depuis ce lundi 28 septembre. La marque a un calendrier avec une première présentation publique début octobre et une arrivée dans les concessions françaises au début de l’année 2027.
Sur la route, les véhicules d’essai accumulent encore les kilomètres sous leurs films de camouflage… l’attente va durer encore quelques jours. Les passionnés de la marque repèrent tout de suite les proportions. Fini le profil un peu rondouillard de l’ancien modèle. Cette fois, la carrosserie a des arêtes vives, des optiques effilées et des barres de toit bien campées. Les automobilistes vont aussi pousser un ouf de soulagement avec le retour de vraies poignées de porte mécaniques. C’est la fin des commandes électriques affleurantes qui avaient valu des campagnes de rappels à l’ID.4. Volkswagen a même prévu deux boucliers différents (une calandre d’entrée de gamme et une face avant aux écopes verticales typée R-Line).
La bascule fait forcément victime collatérale avec la mort annoncée de la silhouette SUV Coupé. L’ID.5 n’a aucun héritier au programme. Les stratèges de Basse-Saxe veulent un vrai baroudeur familial à toit haut pour accueillir les bagages et les passagers sans courber l’échine. Le blason Tiguan a une force de frappe colossale avec plus de 8,3 millions d’exemplaires écoulés à l’échelle mondiale depuis 2007. Avec son faux jumeau le Tayron, il a dépassé le million de ventes annuelles en thermique et en hybride rechargeable. Qui n’a jamais vu un Tiguan avaler la voie de gauche sur l’autoroute des vacances ? C’est toute cette cote d’amour que Volkswagen veut injecter dans sa gamme électrique.
Thomas Schäfer, patron Volkswagen explique ce choix : « Plus de 8,3 millions de Tiguan produits prouvent la force et la confiance attachées à ce nom. Le Tiguan incarne un véhicule polyvalent et haut de gamme, l’essence même du vrai Volkswagen. Avec l’ID. Tiguan, nous portons cette promesse produit dans l’avenir électrique. »
Ceux qui parlent d’une feuille vierge se trompent. La structure est une évolution poussée de l’architecture MEB+. Les premiers essais des prototypes camouflés en Autriche ont déjà livré leurs secrets aux testeurs. La marque a deux types de batteries sous le plancher. Le modèle de base a une batterie LFP de 58 kWh avec un moteur arrière de 190 ch pour viser environ 450 km WLTP et une recharge à 105 kW. Les versions supérieures ont une chimie NMC de 77 kWh utiles avec le bloc APP550 de 286 ch en propulsion pour flirter avec les 600 km d’autonomie, tandis qu’une déclinaison 4Motion de 299 ch est de la partie avec une charge en courant continu à 165 kW. À bord, l’ergonomie a enfin droit à des boutons physiques sur les branches du volant. C’est l’adieu aux touches sensitives qui agaçaient tant les conducteurs.
Sur le marché français, la partie va être rude face au Renault Scénic E-Tech et à la Tesla Model Y. Pour avoir droit au bonus écologique en France, la version LFP devra impérativement afficher un tarif sous les 47 000 euros. L’assemblage aura lieu dans l’usine allemande d’Emden aux côtés de la grande berline ID.7 (un site industriel qui a connu des turbulences avec le tassement des ventes de voitures à batterie outre-Rhin). Le Tiguan thermique et hybride conserve pour sa part sa place en vitrine. Le compte à rebours est lancé avant la découverte des lignes définitives début octobre.

