Les prototypes du futur BMW iX7 (nom de code G67) limaient le bitume du Nürburgring cette semaine sous un épais camouflage, dépourvus de la moindre sortie d’échappement. Pour la seconde génération de son vaisseau amiral, la firme munichoise enfante enfin un grand SUV à 7 places 100 % électrique dont la production débutera à la fin de l’été 2027. Cette offensive tardive bouscule l’aristocratie des mastodontes familiaux où le Mercedes EQS SUV et le Volvo EX90 régnaient jusqu’ici en maîtres.
L’usine américaine de Spartanburg, en Caroline du Sud, assemblera ce léviathan sur une évolution de la plateforme CLAR, un choix pragmatique qui tord le cou aux rumeurs d’une architecture Neue Klasse exclusive. Pourquoi dépenser des milliards dans une ligne dédiée quand une base multi-énergie permet d’ajuster la cadence au jour le jour entre les V8 micro-hybrides, les six-cylindres thermiques et les variantes à batterie ?
Ce conservatisme de châssis cache pourtant une greffe technologique de premier ordre, voire une hybridation d’organes inédite chez l’hélice. Le plancher loge les nouvelles cellules cylindriques Gen6 (46 millimètres de diamètre), dont la densité énergétique grimpe de 20 %. Alimenté par une architecture 800 volts, cette batterie de 120 à 140 kWh encaissera des puissances de charge atteignant 350 kW (voire 400 kW en crête) et promet plus de 700 km d’autonomie WLTP. La cavalerie suivra cette démesure avec des transmissions intégrales bimoteurs coiffées par une déclinaison iX7 M70 xDrive dépassant les 800 chevaux… de quoi catapulter une cathédrale roulante avec la vigueur d’une berline sportive.
La clientèle fortunée de Dubaï, Shanghai ou Dallas dicte implacablement l’esthétique de ce paquebot et balaie le minimalisme lisse du futur iX3. La richesse aime se voir de loin. Le colosse bavarois conserve donc ses naseaux emblématiques verticaux ainsi que ses projecteurs à double étage, une signature statutaire qui rassure les acheteurs allergiques aux silhouettes d’œuf aérodynamique. Seuls les flancs s’épurent en troquant les poignées de portes traditionnelles à tirage contre des ailettes affleurantes intégrées à la ceinture de caisse. À bord, les trois rangées de sièges escamotables électriquement accueillent sept adultes dans un salon numérique dominé par le bandeau Panoramic iDrive à la base du pare-brise et l’écran de cinéma arrière BMW Theatre Screen (dalle 8K de 31,3 pouces).
Les acheteurs français signeront dès l’automne 2027 des chèques dépassant 140 000 euros en ticket d’entrée, tandis que la variante M70 xDrive flirtera avec les 200 000 euros face au futur Range Rover Electric. En troquant le sans-plomb contre les électrons, ce mastodonte de plus de 5,18 mètres et près de 2,7 tonnes réalise surtout un tour de passe-passe fiscal en France. Il échappe intégralement au malus écologique CO2 ainsi qu’à la taxe sur la masse, offrant aux grandes tribus aisées et aux flottes de palaces parisiens le privilège rare de rouler dans l’opulence avec la bénédiction du Trésor public.


