BMW a définitivement rayé la lettre « i » de l’équation en confirmant que sa première M3 100 % électrique, attendue en 2027 sur les chaînes de Munich, s’appellera tout bonnement M3.
Le prototype camouflé enterre définitivement le badge iM3
La dernière vidéo de la marque laisse entrevoir le prototype camouflé, quasi définitif, qui arbore des logos M3 sur les portières, sur le toit et sur le coffre, avec en prime une plaque d’immatriculation où l’on lit seulement « BMW M3 ». Le constructeur y évoque la première M3 entièrement électrique produite à Munich dès 2027 avant de la présenter comme le tout premier modèle haute performance de l’ère Neue Klasse. Il n’y aura donc ni iM3, ni M3i, ni aucune des combinaisons bancales que laissaient deviner les dépôts de marques auprès de l’office européen des brevets. Les pronostiqueurs ont perdu leur pari.
Depuis l’arrivée de la citadine i3 en 2013, la petite lettre « i » marque chaque BMW électrifiée, de la sportive hybride rechargeable i8 jusqu’à la nouvelle i3 berline. Sous son nom de code ZA0, la future sportive devient la première BMW électrique à se passer de ce sceau depuis la création de la gamme branchée. Elle repose pourtant sur la même architecture que l’i3 Neue Klasse. Munich garde l’appellation i3 pour la Série 3 électrique et laisse le nom Série 3 aux versions thermiques, alors que la division Motorsport considère qu’une M3 doit rester une M3, quel que soit le moteur.
Quatre moteurs et un mégawatt sous la carrosserie
BMW M met les points sur les i… en effaçant le sien. Lors du Festival of Speed de Goodwood en juillet, Frank van Meel, patron de BMW M, avait prévenu : « Évidemment qu’elle s’appelle M3. Nous n’avons jamais accolé de i, de e ou de quoi que ce soit à M3 et cela continuera à l’avenir, quelle que soit la motorisation. » La communication officielle de la marque confirme aujourd’hui noir sur blanc ce que le dirigeant répétait depuis 2023. Ajouter une lettre aurait affaibli l’un des badges les plus vénérés des aficionados de la marque et fait passer la version électrique pour une variante à part. BMW conçoit cette berline d’abord comme une authentique M3 avant d’être une voiture électrique.
Sous la carrosserie élargie de la berline, quatre moteurs électriques gèrent la répartition du couple (le fameux torque vectoring) roue par roue. Ils sont alimentés par une batterie de plus de 100 kWh à cellules cylindriques développées spécialement pour la division sportive. Il n’y a aucune ligne d’échappement. Selon la presse spécialisée, la puissance devrait tourner autour de 650 à 750 chevaux en version de base. Le plafond théorique de l’architecture approche les 1 360 chevaux, soit un mégawatt. Pour donner un avant-goût de ses lignes, BMW a présenté au Mans le Neue Klasse M Concept, avec ses ailes gonflées, ses feux diurnes jaunes inspirés de la course, un splitter imposant, un diffuseur géant et une teinte Monza Red métallisée. Avant d’obtenir son homologation routière, la berline devra encore avaler quelque 8 000 kilomètres d’essais sur la Nordschleife du Nürburgring.
Une aubaine fiscale pour les acheteurs français
Pour le marché français, ce virage est aussi un soulagement. Acheter une M3 thermique neuve dans l’Hexagone est un luxe (le malus écologique maximal atteint 70 000 euros et double pratiquement la facture en concession pour dépasser 185 000 euros clés en main). La future version thermique G84 à moteur six-cylindres biturbo micro-hybride, prévue pour 2028 sur la plateforme CLAR modernisée, n’échappera d’ailleurs pas à cette surtaxe.
Cette M3 Neue Klasse à zéro émission à l’échappement sera totalement exonérée de taxe sur le CO2 en France. Elle devient le seul moyen pour les passionnés français d’acquérir une berline sportive signée Motorsport sans signer un chèque astronomique au Trésor public.
Munich garde son joyau pendant que le thermique déménage
L’usine de Munich, qui assemblera uniquement des modèles électriques à partir de 2027, accueillera l’i3, la M3 électrique et la future i3 Touring. La Série 3 thermique déménage quant à elle vers l’usine de Dingolfing. La M3 ne quitte pas son berceau bavarois, troquant le sans-plomb contre les électrons au cœur de son atelier d’origine. Les puristes pourront toujours se tourner vers la berline thermique G84 ou le break Touring G88, tandis qu’une déclinaison break M3 Touring électrique ZA1 se profile avant la fin de la décennie. Quatre déclinaisons vont coexister. Pourquoi encombrer le coffre d’une lettre quand l’absence totale d’échappement trahit déjà la propulsion ?
Le nom M3 est né il y a 40 ans sur l’E30 et a survécu à toutes les évolutions technologiques. Il passe maintenant à l’électrique sans rien concéder sur son identité.

