Mitsubishi Motors Europe rebat les cartes de son SUV compact électrique avec deux packs au catalogue, une LFP de 67 kWh homologuée jusqu’à 472 km WLTP et une NMC de 89 kWh qui grimpe à 650 km WLTP, contre 635 km pour l’ancienne 87 kWh. Le moteur, lui, ne bouge pas d’un iota, 160 kW sur le train avant, soit 220 ch et une traction avant sans complexe.
La vraie histoire se joue à Douai, dans l’ElectriCity de Renault, là où sort le Scenic E-Tech dont l’Eclipse Cross de deuxième génération est le jumeau au badge près. Même plateforme AmpR Medium (rebaptisée RG Medium 1.0 par Renault), même architecture cell-to-pack pour la LFP, mêmes 232 cellules pouch empilées serré avec un taux d’occupation du pack de 53 %, déjà vues sur la Mégane E-Tech restylée. L’Alliance Renault-Nissan-Mitsubishi donne des signes de fatigue depuis des années, et pourtant elle continue de produire ce genre d’objet parfaitement calibré pour l’Europe.
La recharge rapide constitue l’argument le plus intéressant du millésime, avec 165 kW en courant continu pour la petite LFP, capable d’avaler un 15-80 % en 24 minutes environ, tandis que la grande NMC plafonne à 150 kW et boucle le même exercice en 28 minutes, environ 9 minutes de mieux qu’auparavant. En alternatif, 11 kW de série et un chargeur embarqué 22 kW en option sur les deux packs, détail qui parlera à quiconque branche sur une borne de copropriété ou de parking urbain. Capacité de remorquage annoncée à 1,1 tonne, et l’accès au réseau Ionity reste dans les valises du constructeur.
Le communiqué européen assume la logique de gamme : « Mitsubishi Motors Europe renforce son offre électrique avec l’introduction d’une nouvelle batterie de 67 kWh pour l’Eclipse Cross BEV », indique la marque, qui revendique « davantage de flexibilité pour choisir l’autonomie, les performances de recharge et le prix » adaptés à chacun. Traduction commerciale, la version d’entrée doit faire tomber le ticket d’accès, aujourd’hui fixé à 43 990 euros en finition Diamant Plus au configurateur.
Le prix, justement, alimente le suspense côté français. Certains magazine automobiles annocent un tarif de départ autour de 29 990 euros, un chiffre à confirmer, alors que les premières grilles européennes annoncent plutôt 35 990 euros aux Pays-Bas, voire 32 990 euros bonus déduit. Entre ces deux mondes, il y a un gouffre de positionnement, et la réponse tombera au moment du lancement commercial, attendu en novembre 2026.
À la présentation de cette seconde génération, il y a un an, Mitsubishi promettait pour la mi 2026 une déclinaison plus accessible dotée d’un pack de 60 kWh NMC et d’un moteur de 125 kW, sur le modèle de ce que fait le Scenic. Cette variante n’apparaît nulle part dans les annonces actuelles. Disparue, ou simplement remisée derrière la LFP 67 kWh, qui coche déjà la case du prix plancher… difficile de trancher.
Reste ce paradoxe, une Mitsubishi conçue par Renault, assemblée dans le Nord de la France, vendue avec un badge japonais à des familles françaises qui chercheront d’abord le meilleur rapport kWh/euro. Le marché du SUV familial électrique se gagne désormais au configurateur, ligne par ligne.

