Le succès fou des lunettes connectées de Meta se heurte à une double offensive judiciaire sur deux continents pour fichage biométrique et voyeurisme technologique. Vendu dès 329 euros en France auprès des adeptes de technologie nomade, pendant que les futures versions Oakley restent en développement chez EssilorLuxottica, l’équipement affronte une plainte fédérale aux États-Unis et une demande de bannissement sur le marché européen.
Le 4 septembre 2026, deux pères de famille, Francisco Alvarez venu de l’Illinois et Jeremy Wahl résidant en Californie, ont attaqué la maison mère devant le tribunal fédéral du district nord de l’Illinois au nom de leurs enfants mineurs. La procédure accuse l’entreprise d’avoir moissonné des millions d’images sur Instagram et Facebook pour perfectionner ses modèles d’intelligence artificielle Emu et Muse Image, tout en développant une brique logicielle dormante baptisée NameTag. Repérée dans le code de l’application mobile, cette fonction concrétise le brevet d’invention User Identity Verification without Sharing Biometric Data With Platforms pour générer des empreintes faciales stockées sur le stockage flash du téléphone. L’offensive s’appuie sur la législation BIPA de l’Illinois, dont les barèmes prévoient des dédommagements de 5 000 dollars par infraction intentionnelle et 1 000 dollars en cas de négligence, ravivant le spectre de l’accord transactionnel de 650 millions de dollars concédé par Mark Zuckerberg en 2020.
Sur le continent européen, la défiance envers le matériel prend une tournure radicale. Le 10 septembre 2026, la puissante organisation de consommateurs Consumentenbond a réclamé une interdiction européenne des lunettes. À la tête de l’organisme néerlandais, Sandra Molenaar fustige la captation opérée par le groupe : « Toutes les images captées par ces lunettes finissent sur les serveurs de Meta, une entreprise déjà sanctionnée à de multiples reprises pour ses manquements envers la vie privée ». Les bidouilleurs ont d’ailleurs mis à nu les faiblesses du dispositif physique, car un morceau de ruban adhésif opaque collé sur la face avant de la monture dissimule le témoin lumineux aux yeux des passants, pendant qu’une fraction du rayonnement se diffuse latéralement vers la photodiode intégrée et trompe le verrou électronique de captation.
Ce contournement de l’indicateur lumineux ouvre un boulevard aux dérives de captation clandestine. Après qu’un individu a filmé des femmes dans des toilettes lors d’un festival à Rotterdam, la salle de concert TivoliVredenburg à Utrecht a banni l’accessoire de ses espaces. En France, la CNIL et l’article 226-1 du Code pénal sanctionnent lourdement tout enregistrement visuel effectué dans un lieu privé sans le consentement des personnes présentes. Cette levée de boucliers rejoint l’offensive de la Norvège contre ces montures qualifiées de pervert glasses pour bannir la reconnaissance faciale de la rue, tandis que l’alerte sur les lunettes Meta bannies des pubs britanniques confirme la contagion du rejet citoyen. L’examen des entrailles électroniques ne laisse plus de place à l’insouciance quand l’accessoire le plus séduisant de la panoplie connectée cumule les dérives du voyeurisme clandestin et les périls d’un fichage biométrique à grande échelle.

