Samsung s’apprête à relever d’environ 100 dollars le tarif de l’ensemble de sa gamme Galaxy S26 à compter du 1er octobre 2026, selon les informations du quotidien économique sud-coréen Hans Economy, et personne ne devrait s’en étonner. L’inflation des composants mémoire, que l’industrie désigne désormais sous le terme de « RAMageddon », produit ses effets avec la régularité d’une pathologie chronique. Le Galaxy S26, lancé en février à 899 $, passerait à environ 1 000 $. Le S26+ grimperait de 1 099 $ à quelque 1 188 $. Le S26 Ultra, fleuron à écran Privacy Display qui a représenté 71 % des ventes lors des trois premières semaines de commercialisation, franchirait la barre symbolique des 1 400 $.
Samsung a officiellement déclaré « examiner en interne l’opportunité d’un ajustement tarifaire compte tenu de la hausse récente du coût des composants », formulation d’une prudence toute corporatiste qui signifie, dans la langue des vivants, que la décision est déjà prise. Le constructeur coréen avait préparé le terrain dès avril en augmentant de 280 $ le prix de sa tablette Tab S11 Ultra 1 To, portée à 1 899 $ sur le marché américain. La mécanique est rodée, les accessoires d’abord, les produits phares ensuite.
Apple a fourni le prétexte idéal en relevant de 100 $ le tarif de l’iPhone 17 aux États-Unis, dont le prix d’entrée atteint désormais 899 $ (soit 1 450 000 wons en Corée du Sud). Samsung n’a jamais su résister à l’alignement mimétique sur son rival de Cupertino, phénomène que les économistes qualifieraient d’oligopole tacite et que le consommateur ordinaire appelle… se faire tondre à deux mains. La hausse uniforme de 149 600 wons sur les trois modèles en Corée suggère d’ailleurs une logique comptable parfaitement indifférente à la segmentation marketing.
La question de la propagation au marché européen mérite qu’on l’examine avec un minimum de lucidité. Le Galaxy S26 et le S26+ coûtaient déjà 100 $ de plus que leurs prédécesseurs S25 et S25+ lors du lancement de février. Samsung n’a historiquement jamais épargné l’Europe quand la Corée et les États-Unis subissaient une revalorisation tarifaire, le taux de change euro-dollar servant généralement de prétexte à une conversion défavorable. Les acheteurs français peuvent raisonnablement anticiper un surcoût de 80 à 120 euros sur l’ensemble de la gamme avant la fin de l’automne, porté par la combinaison de la hausse mondiale de la DRAM et de la faiblesse structurelle de l’euro.
Les détaillants coréens, rapporte Hans Economy, redoutent qu’une augmentation aussi abrupte dans un contexte économique atone n’incite les consommateurs à conserver plus longtemps leurs anciens appareils, comportement parfaitement rationnel que l’industrie du smartphone combat depuis une décennie à coups de cycles d’obsolescence programmée. Faut-il alors se précipiter sur un Galaxy S26 au tarif actuel avant le couperet d’octobre ? Pour quiconque envisageait l’achat dans les semaines à venir, la réponse tient dans l’arithmétique élémentaire, cent euros d’économie sur un objet dont la valeur de revente s’effondre de 40 % en un an ne constituent pas exactement une affaire, mais plutôt le dernier geste de dignité consumériste dans un marché qui a définitivement cessé de feindre la modération.

