Le Phone 4a Pro profite depuis aujourd’hui de la bêta ouverte de Nothing OS 5.0, un firmware de 2,73 Go bâti sur Android 17, et devient ainsi le deuxième appareil de la marque londonienne à goûter cette mouture après le Phone (3) qui avait ouvert le bal fin août.
L’inscription passe par le Nothing Beta Hub V2.0, une APK à télécharger depuis le site officiel puis à activer dans les réglages système, à condition de tourner déjà sous Nothing OS 4.1 (Android 16). Le téléphone met entre cinq et six minutes à recevoir l’invite de mise à jour. Les serveurs saturent, les erreurs se multiplient… Il faut insister, relancer, patienter. La procédure de retour arrière reste accessible depuis le même hub, ce qui rassure ceux qui hésitent encore à embarquer sur un logiciel inachevé.
La refonte visuelle frappe d’abord par la typographie Geist, une police qui remplace l’ancienne identité textuelle et irrigue l’ensemble de l’interface, des icônes de la barre d’état aux animations de transition, désormais bien plus fluides. Le thème sombre baptisé Lucent introduit des transparences qui rappellent la philosophie du boîtier transparent cher à Nothing, tandis que l’écran de verrouillage gagne des cadrans inédits (dont Gooey) et des couleurs de clock adaptatives au fond d’écran choisi. On peut enfin déplacer plusieurs icônes simultanément sur l’écran d’accueil, un ajout que la concurrence propose depuis des années.
Android 17 apporte de son côté la séparation du volet de notifications et des Quick Settings, un changement structurel emprunté à la philosophie d’iOS que Google assume pleinement cette fois. Trois indicateurs de confidentialité colorés signalent l’usage du micro, de la caméra ou de la géolocalisation. Les emojis Noto 3D débarquent dans Gboard, les Live Updates permettent de suivre une activité en cours depuis la barre de notifications, et le Quick Share devient compatible avec les iPhone, un pont inattendu entre deux écosystèmes qui s’ignoraient.
L’interface Glyph, signature lumineuse du dos des Nothing Phone, se mue en application autonome enrichie de widgets inédits, notamment Collector, Away Time et Glyph Timer, tandis que le contrôle d’intensité de la lampe torche offre une granularité bienvenue pour un usage quotidien. Le module photo progresse avec l’arrivée du dual-view video (capteurs avant et arrière filmant simultanément), un zoom retravaillé, des Motion Photos et un réglage HDR affiné qui laissent entrevoir une ambition photographique que Nothing n’avait jamais affichée avec autant d’aplomb.
Plusieurs fonctions manquent pourtant à l’appel de cette bêta. L’écran d’accueil redessiné et le cadran Micrographics sont retenus pour la version stable. Le support MCP d’Essential Space n’arrivera pas avant la version stable, la refonte du module de capture est repoussée à novembre, et la traduction en temps réel d’Essential Voice ne verra le jour qu’avant la fin de l’année. L’Essential Apps Builder se déploie par vagues successives sans calendrier ferme.
Nothing construit sa mise à jour pièce après pièce en exposant ses utilisateurs les plus téméraires aux aléas d’un logiciel incomplet. La version stable devrait atterrir début novembre. D’ici là, le Phone 4a Pro sert de laboratoire grandeur nature et qui accepte d’y entrer sait qu’il n’en ressortira pas tout à fait avec le même téléphone.

