Une série de captures d’écran a dévoilé l’essentiel de ColorOS 17 ces derniers jours, et la surcouche Android d’Oppo ressemble désormais à un salon d’exposition où chaque tuile, chaque curseur, chaque notification aurait été poncée au papier de verre extra-fin. Le constructeur chinois présentera officiellement sa nouvelle interface lors de l’OPPO Developer Conference (ODC) prévue le 17 septembre, mais les fuites ne lui ont guère laissé le luxe de la surprise.
Le langage visuel adopté porte apparemment le nom de « Liquid Acrylic » et repose sur des coins hyper-arrondis, un flou gaussien en temps réel appliqué aux arrière-plans et un effet lumineux baptisé Contour Glow qui dessine un liseré blanc subtil autour de chaque carte de notification. Les panneaux de réglages rapides abandonnent la grille carrée héritée d’Android au profit de tuiles en forme de pilules verticales surdimensionnées pour le Wi-Fi, le Bluetooth, la luminosité et le volume, ce qui facilite vraisemblablement la manipulation à une seule main. Quand on déplie les paramètres d’un accessoire connecté (des écouteurs sans fil, par exemple), une fenêtre flottante surgit sur fond givré avec un curseur de volume central, l’indicateur de batterie et des raccourcis circulaires vers la réduction de bruit active, le mode transparence et l’audio spatial.

L’horloge de l’écran de verrouillage, longtemps cantonnée à une seule police, proposerait désormais trois styles typographiques accompagnés de widgets interactifs pour piloter la musique ou les minuteries sans déverrouiller le téléphone. Ces horloges dites Flux Clock pourraient même migrer vers l’écran d’accueil sous forme de widgets, un détail qui plaira aux maniaques de la personnalisation. Les icônes de la barre d’état ont aussi été réagencées (batterie, puis Wi-Fi, puis signal SIM en partant de la droite), et les téléphones double SIM offriraient la possibilité d’empiler ou de séparer les indicateurs réseau.
Le lecteur multimédia constitue peut-être la pièce la plus spectaculaire de cette fuite, avec une pochette d’album affichée bord à bord dans une carte translucide dont les teintes s’extraient dynamiquement de l’illustration en cours de lecture. La barre de progression ressemblerait, selon un membre de la communauté Oppo, à « une mèche qu’on allume », et le widget replié conserve un rendu soigné avec le badge de l’application (Spotify, YouTube Music…) posé sur une surface givrée sombre. Tout cela baigne dans ce qu’Oppo appelle les progressive motion smooth animations, un ensemble de transitions rebondissantes censées éliminer les saccades lors du multitâche ou du zoom dans l’appareil photo.
La portée de cette refonte dépasse largement le catalogue Oppo, puisque OnePlus et realme partagent la même base logicielle sous leurs habillages respectifs (OxygenOS et realme UI). Les utilisateurs européens de ces trois marques hériteront donc, tôt ou tard, du moteur d’animation et du socle graphique de ColorOS 17, y compris les optimisations de gestion du processeur et de la mémoire vive qui promettent un meilleur temps d’écran quotidien. Oppo a d’ailleurs ouvert en amont une page de préversion développeur Android 17 sur son portail dédié, signe que le calendrier de déploiement s’accélère.
Qui parie encore sur la discrétion quand chaque pixel fuit avant la keynote ? Oppo aura au moins la consolation de monter sur scène le 17 septembre avec un public déjà convaincu, ou déjà lassé, de ses coins arrondis et de ses halos lumineux.

