Une application nommée HorizonOS Prescription Lens, distribuée sous forme de fichier ZIP et dénichée dans les entrailles du firmware Horizon OS, aura suffi à faire sauter le verrou en cette mi-septembre 2026, à quelques jours seulement du Meta Connect. Une mise à jour relayée par la leakeuse Luna qui livre aux dataminers les toutes premières images véritablement nettes et lisibles du casque Project Phoenix de Meta, ce fameux appareil que la firme de Menlo Park gardait derrière trois épaisseurs de NDA depuis bientôt deux ans.
First official visuals of Meta’s Project Phoenix, found in the HorizonOS Prescription Lens firmware package! pic.twitter.com/YmN0SCJNCD
— Luna (@Lunayian) September 10, 2026
Les rendus sont nets et montrent un appareil dont la silhouette évoque franchement davantage une grosse paire de lunettes de ski qu’un casque VR traditionnel. On y distingue des inserts pour verres correcteurs, des nose pads ajustables façon monture optique haut de gamme, et des branches épaisses repliables sur charnières abritant capteurs et haut-parleurs. Les vidéos extraites du package firmware détaillent même la procédure pour retirer l’assemblage nasal, le repositionner verticalement ou le remplacer par une taille différente, ce qui trahit une obsession pour l’adaptabilité morphologique que Quest 3 n’avait jamais effleurée.
Le partenaire identifié pour ces inserts optiques serait à nouveau Zenni Optical, déjà fournisseur des verres correcteurs Quest 3 et 3S, et l’appairage passerait par le scan d’un QR code ou la saisie manuelle d’un numéro de série, un mécanisme destiné à appliquer une correction de distorsion propre à chaque verre (un procédé qu’Apple Vision Pro avait inauguré avec ses propres Zeiss).
Le câble aperçu à l’extrémité de la tempe gauche confirme la présence du fameux compute puck externe, ce boîtier ventilé à clipser à la ceinture qui déporte batterie et processeur loin du visage. La promesse est connue depuis le prototype Puffin de 2024, dont le poids descendait sous les 110 grammes. Phoenix semble bien tenir cette ligne. Andrew Bosworth, CTO de Meta, avait d’ailleurs posé la doctrine lors d’une session Instagram avec une formule empruntée à l’aéronautique via John Carmack, « Simplicate and add lightness », résumant l’arbitrage assumé entre légèreté et débauche de specs.
Les assets du firmware révèlent aussi un flux de calibration Eye Tracking extensif, assorti de références au Face Tracking (une configuration baptisée LomaEtFt dans une bibliothèque de modèles caméra), ce qui laisse penser que Phoenix embarquera le suivi oculaire et facial nécessaire aux Codec Avatars, le graal de la téléprésence photoréaliste chez Meta. Le schéma d’interaction par défaut reposerait sur le gaze-and-pinch, où l’utilisateur regarde un élément d’interface et pince les doigts pour le sélectionner… sans manette aucune.
Cette absence de contrôleur physique résonne directement avec le programme de Meta Connect 2026 (attendu les 23 et 24 septembre), où figure désormais une session intitulée « controller-free », dont le timing coïncide avec une fenêtre de lancement prévue dans l’année, pour un tarif qui resterait selon le Wall Street Journal sous la barre des 1 000 dollars. Meta semble par ailleurs miser gros sur le divertissement immersif pour justifier ce positionnement, ayant signé un partenariat exclusif pluriannuel avec James Cameron (via sa société Lightstorm Vision) et négocié des accords à coups de millions de dollars avec Disney et A24, dont une série en six épisodes dérivée du film d’horreur Talk to Me.
Chris Pruett, directeur des jeux chez Meta, avait esquissé le profil du futur utilisateur lors de la GDC 2026 : « Nous nous attendons à ce que davantage d’adultes grand public entrent dans la VR d’abord par la consommation de médias, puis découvrent les jeux une fois dans le casque. Ils achètent la VR comme un remplacement de télévision, puis réalisent qu’elle peut aussi faire tourner des jeux vidéo. »
Phoenix n’est donc ni un Quest 4 (repoussé à 2027 au plus tôt) ni un concurrent frontal de l’Apple Vision Pro, dont il refuse délibérément le micro-OLED et le champ de vision maximal au profit d’un form factor lunettes qu’on pourrait plier et glisser dans un étui. Un ZIP mal verrouillé dans un firmware de calibration optique aura finalement fait davantage pour la hype que n’importe quel teaser officiel, et Meta, qui maîtrise d’ordinaire assez bien ses fuites, devra désormais monter sur scène les 23 et 24 septembre pour présenter la bête pour de bon, avant que les dataminers ne finissent le travail.

