Le modèle G8BL6, fabriqué par Goertek (le même sous-traitant que les Pixel Buds), a obtenu sa certification FCC le 10 septembre 2026 et porte tous les signes d’un bracelet connecté Google d’un genre nouveau. Bluetooth LE, antenne GPS intégrée dans le châssis métallique, écran confirmé par un e-label accessible via Paramètres > Système > Informations réglementaires, exactement comme sur la Pixel Watch, et surtout l’utilisation d’ADB pendant les tests, signature quasi certaine de Wear OS. Ce qui manque à l’appel est aussi parlant que ce qui figure au dossier… pas de Wi-Fi, ce qui élimine d’emblée l’hypothèse d’une montre classique et oriente vers un form factor fitness band, taillé pour l’autonomie.
Google a lancé en 2026 le Fitbit Air à 99,99 €, un wearable sans écran pensé pour le suivi passif, et l’industrie a applaudi poliment avant de passer à autre chose. Le G8BL6 joue dans une catégorie radicalement différente, celle d’un bracelet doté d’un afficheur et propulsé par un vrai système d’exploitation, capable de faire tourner les complications fitness que Wear OS propose déjà sur la Pixel Watch. Abandonner le Wi-Fi pour ne garder que le Bluetooth LE et le GPS traduit un arbitrage délibéré en faveur de l’endurance batterie, le talon d’Achille historique de Wear OS que Google semble enfin vouloir attaquer de front en réduisant la surface radio.
Un détail passé relativement inaperçu en août 2026 prend désormais tout son sens. Dans les publicités du Pixel 11, un accessoire au poignet du figurant arborait un écran en forme de pastille verticale, fixé par un bracelet très similaire à celui de la Pixel Watch, avec des cadrans affichant des complications fitness familières. Ce « tracker mystère » n’avait alors été rattaché à aucune référence produit connue, et le dépôt FCC du G8BL6 constitue aujourd’hui le candidat le plus crédible pour expliquer cette apparition.
La gamme Fitbit Charge, dont la dernière itération remonte à 2023 pour un tarif officiel de 159,95 €, n’a reçu aucune mise à jour logicielle structurante depuis le rachat de Fitbit par Google. Faire tourner Wear OS sur un bracelet à écran allongé plutôt que sur un boîtier rond de montre représente un pari technique que ni Samsung ni Apple n’ont tenté à cette échelle. Le gain potentiel est énorme, car Google pourrait unifier son écosystème applicatif (notifications, Google Wallet, intégration Pixel) sur un appareil dont le prix et le gabarit ciblent les utilisateurs qui refusent de porter une montre mais veulent davantage qu’un anneau ou un clip passif.
La question de l’autonomie reste le nœud gordien de cette ambition, puisque Wear OS sur la Pixel Watch 3 dépasse difficilement les 24 heures avec écran always-on et GPS actif, là où un Fitbit Charge 6 tenait sept jours sans broncher. Supprimer le Wi-Fi, réduire la taille d’écran et limiter les tâches au suivi sportif pourrait, en théorie, rapprocher l’endurance de celle des bracelets propriétaires Fitbit, à condition que Google ait suffisamment optimisé le kernel Wear OS pour un SoC à enveloppe thermique aussi contrainte.
Google n’a jamais été aussi bien placé pour tuer le marché du fitness tracker bon marché avec un produit qui parle le même langage logiciel que ses montres, ses téléphones et ses écouteurs, et le G8BL6 pourrait débarquer à la rentrée comme l’appareil que la gamme Fitbit attendait depuis trois ans, à condition que la batterie suive le discours.

