Huawei a dévoilé ce 5 août 2026 les Watch GT 7 et Watch GT 7 Pro, deux montres connectées qui misent sur l’endurance énergétique et les matériaux nobles pour bousculer la hiérarchie des wearables haut de gamme, dans un marché verrouillé depuis des années par Apple et Samsung. Les précommandes démarrent en Chine dès le 14 août pour la GT 7, le 28 août pour la GT 7 Pro, tandis que le lancement international reste pour l’instant enveloppé de mystère…
Le modèle Pro concentre à lui seul tout le panache de cette génération. Boîtier en titane de 45,6 mm, fond en céramique nanocristalline, verre saphir, écran AMOLED de 1,47 pouce capable de cracher 3 000 nits en plein soleil, le tout pour 55,5 grammes sans bracelet. La fiche technique embarque un capteur ECG, un capteur de profondeur autorisant la plongée en apnée jusqu’à 40 mètres, la mesure de la SpO2, de la fréquence cardiaque et de la température cutanée. Le tarif démarre à 2 688 CNY, soit environ 345 euros au taux actuel, un positionnement qui place la GT 7 Pro bien en dessous de l’Apple Watch Ultra tout en lorgnant ouvertement ses attributs.
La GT 7 standard, déclinée en 41 mm et 46 mm (écrans de 1,32 et 1,47 pouce respectivement), se contente d’une face avant en acier inoxydable et d’un dos en composite renforcé de fibres, abandonne l’ECG et le capteur de profondeur, conserve néanmoins l’essentiel du suivi santé. Les prix chinois s’échelonnent de 1 588 CNY (environ 204 euros) pour le 41 mm à 1 688 CNY (250 euros) pour le 46 mm, des tarifs qui la placent dans la fourchette d’une Galaxy Watch classique.
L’autonomie constitue l’argument massue de toute la gamme, et Huawei le sait parfaitement. Le boîtier 46 mm de la GT 7 et la GT 7 Pro affichent tous deux 21 jours en usage léger, 12 jours en usage régulier et 7 jours avec l’affichage permanent activé. Le 41 mm tient quant à lui 14 jours en usage léger, 5 jours en mode always-on. En comparaison, l’Apple Watch Series 10 plafonne à 18 heures d’autonomie annoncée, la Galaxy Watch Ultra à environ 60 heures. Huawei joue ici dans une catégorie à part, celle des montres qu’on oublie de recharger parce qu’elles n’en ont tout bonnement pas besoin pendant deux semaines.
Le versant logiciel, justement, représente le véritable terrain de progression de cette génération. Le mode Pro Ski, totalement inédit, s’appuie sur le système de positionnement baptisé Sunflower et un algorithme de navigation inertielle (AI-XDR) pour enregistrer le type et le nombre de virages, la fréquence, la G-force maximale, et peut même afficher des itinéraires vers les pistes. Huawei revendique la couverture de plus de 3 000 domaines skiables répartis dans 59 pays, avec un mode ski en intérieur ajouté pour les salles de simulation. Le golf bénéficie lui aussi d’un traitement fastueux, avec plus de 17 000 parcours référencés, la compensation de pente et le positionnement personnalisé du drapeau. Côté course à pied, la montre calcule désormais nativement la puissance de course, l’oscillation verticale et l’équilibre attaque/pose du pied, des métriques jusqu’ici réservées aux capteurs externes ou aux montres Garmin et Coros les plus onéreuses. Le mode trail promet par ailleurs jusqu’à 51 heures d’autonomie GPS continue sur les grandes versions, 32 heures sur le 41 mm.
Peut-on réellement parler de nouvelle génération quand le matériel évolue si peu par rapport aux GT 6 ? La question mérite d’être posée, car plusieurs observateurs ont souligné que les changements restent largement concentrés sur le logiciel et les coloris (de nouveaux combos jaune et vert apparaissent sur le boîtier argent). Le suivi du sommeil passe en version TruSleep 5.0, une fonction de « body readiness » matinale fait son apparition, et l’analyse cyclisme intègre désormais des recommandations assistées par intelligence artificielle. Mais l’écran, les capteurs principaux et l’architecture restent fondamentalement identiques à ceux de la génération précédente.
L’écosystème logiciel demeure sans doute le talon d’Achille de cette offensive. Les GT 7 tournent sous HarmonyOS, pas sous Wear OS, ce qui signifie que l’accès à l’intégralité des fonctionnalités (notamment les applications tierces et certaines analyses santé avancées) dépend étroitement de l’appairage avec un smartphone Huawei. Les utilisateurs Android et iPhone conservent l’accès aux notifications et au Bluetooth, du moins en théorie, sans pouvoir exploiter tout le potentiel de la montre. Dans un marché où Google et Apple verrouillent leurs écosystèmes respectifs, Huawei tente de construire le sien, avec la contrainte évidente d’une base installée de smartphones bien plus réduite en Europe et en Amérique du Nord.
La stratégie de Huawei se lit pourtant avec une certaine limpidité commerciale, celle d’un fabricant qui empile les arguments techniques (titane, saphir, ECG, 21 jours, 51 heures de GPS) à un prix qui reste contenu sous la barre des 400 dollars, pour séduire d’abord le gigantesque marché chinois avant de tester l’appétit international. Face à une Apple Watch Ultra 3 attendue autour de 800 dollars et une Galaxy Watch Ultra à 650 dollars, le rapport spécifications/prix de la GT 7 Pro a de quoi faire réfléchir n’importe quel amateur de montres connectées, à condition d’accepter de vivre dans l’orbite d’HarmonyOS, un pari que Huawei n’a pas encore totalement gagné hors de ses frontières.

