Huawei atteint un palier que peu d’acteurs pouvaient imaginer il y a cinq ans. Le système HarmonyOS, lancé en 2019 après l’exclusion d’Android, équipe désormais près d’un milliard d’appareils et son écosystème ouvert dépasse même 1,2 milliard de terminaux selon le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’information.
En 2025, les ventes de PC sous HarmonyOS plafonnaient à 141 000 unités. Les projections pour 2026 annoncent une multiplication par dix avec 1,4 million d’unités livrées. Le marché mondial du PC devrait pourtant reculer de 12 % la même année pour tomber à 245 millions d’unités. ChromeOS subirait une chute de 28 % et Windows suivrait la même pente que le marché.
Huawei a donc trouvé une brèche. L’entreprise a, dès 2024, basculé ses ordinateurs sur HarmonyOS Next, la même version que celle de ses smartphones. Le pari d’un système unifié sur tous les écrans commence à produire des effets visibles. Les analystes d’Omdia estiment que « le ralentissement de l’offre en 2026 ne touchera pas toutes les plateformes de la même manière ». HarmonyOS apparaît comme un segment en expansion rapide, soutenu par la demande intérieure et par des consommateurs attentifs aux coûts.
Il y a aujourd’hui plus de 10 millions de développeurs actifs dans l’écosystème open source. La version communautaire couvre 1 200 catégories de produits, du smartphone industriel aux dispositifs domotiques. L’architecture logicielle a permis à Huawei de renforcer son autonomie technologique et de réduire sa dépendance aux composants étrangers.
Une hausse des prix de la mémoire et du stockage frappe durement les constructeurs de PC à moins de 500 dollars, ce qui rend la stratégie de Huawei d’autant plus opportune. L’entreprise peut, grâce à sa chaîne d’approvisionnement intégrée, maintenir des marges que d’autres ne peuvent plus défendre.
C’est dans ce contexte que HarmonyOS 6 a été déployé sur 90 modèles avec mise à jour OTA et que les versions 5 et 6 totalisent déjà 36 millions d’installations. L’écosystème s’étend donc à un rythme que même les observateurs prudents jugent exceptionnel.
En tout cas, la marche vers l’indépendance logicielle de Huawei s’accélère irrésistiblement.

