Le sorcier le plus vaniteux de Poudlard a désormais trouvé son visage, et c’est celui de Nicholas Hoult, fraîchement recruté par HBO pour enfiler la cape dorée de Gilderoy Lockhart dans la deuxième saison de la série Harry Potter, adaptée de La Chambre des Secrets. Un choix de casting qui résonne comme un coup de baguette parfaitement calibré, tant l’acteur britannique de 36 ans s’est imposé ces dernières années en caméléon des grandes franchises hollywoodiennes.
Hoult, qui campe déjà un Lex Luthor magnétique dans le Superman de James Gunn (rôle qu’il reprendra dans Man of Tomorrow en 2027), avait traversé quatre films X-Men sous le maquillage bleu du Dr Hank McCoy, hanté les décors expressionnistes de Nosferatu et brillé dans le thriller gastronomique The Menu. Le voilà propulsé dans l’univers de J.K. Rowling pour interpréter ce charlatan flamboyant, cinq fois lauréat du prix du plus charmant sourire de Witch Weekly, expert autoproclamé en créatures des ténèbres et véritable imposteur qui bâtissait sa gloire en effaçant la mémoire de ceux dont il volait les exploits. Qui, dans le paysage actuel du cinéma anglo-saxon, pouvait mieux incarner cette arrogance scintillante qu’un acteur rompu à l’exercice du méchant charismatique ?
Kenneth Branagh avait gravé le personnage dans le marbre du film de 2002 avec une interprétation délicieusement outrancière, toute en sourires étincelants et en autographes distribués à la volée. Hoult hérite donc d’un rôle déjà mythifié par un acteur shakespearien, ce qui ne semble guère l’intimider… L’homme qui a débuté gamin face à Hugh Grant dans About a Boy (la même année que la sortie de La Chambre des Secrets au cinéma, coïncidence savoureuse) a depuis largement prouvé sa capacité à habiter des personnages plus grands que nature.
Le tournage de cette deuxième saison doit démarrer dès l’automne 2026, alors même que la saison 1, officiellement titrée Philosopher’s Stone, n’aura pas encore été diffusée, sa première étant programmée le 25 décembre sur HBO et HBO Max. Ce calendrier serré témoigne d’une confiance colossale de Warner Bros. Television, qui avait déjà accordé un renouvellement anticipé en mai dernier. Dominic McLaughlin retrouvera le rôle-titre, entouré d’Arabella Stanton (Hermione Granger), d’Alastair Stout (Ron Weasley), et d’un casting adulte solidement ancré avec John Lithgow en Dumbledore, Janet McTeer en McGonagall, Paapa Essiedu en Snape et Nick Frost en Rubeus Hagrid.
Jon Brown, scénariste de Succession passé par la première saison, a été promu co-showrunner aux côtés de Francesca Gardiner, tandis que Mark Mylod conserve la réalisation de plusieurs épisodes, un duo créatif qui avait déjà fait ses preuves sur la série de Jesse Armstrong. La production exécutive reste partagée entre Rowling, Neil Blair, Ruth Kenley-Letts (Brontë Film and TV) et David Heyman (Heyday Films), architecte historique de la franchise cinématographique.
Hoult, en tout cas, ne manquera pas de travail dans les mois à venir, puisqu’il enchaînera avec How to Rob a Bank pour Amazon MGM Studios (sortie prévue en novembre) et la série Mosquito pour Disney+/Hulu, écrite par Tony McNamara, le créateur de The Great, show qui lui avait valu une nomination aux Emmy et deux Golden Globes. Trois franchises titanesques en simultané (DC, Harry Potter, Marvel/Disney), une filmographie qui s’épaissit à chaque saison comme un grimoire de Poudlard, et cette faculté rare de disparaître dans des rôles radicalement différents les uns des autres.
La question qui brûle désormais les lèvres des potterheads n’est plus de savoir si la série HBO sera à la hauteur des films, mais si Hoult parviendra à faire oublier Branagh en rendant Lockhart encore plus insupportablement irrésistible, le genre de défi que seul un acteur habité par une ambition aussi démesurée que celle de son personnage peut relever.

