La page promotionnelle d’Avengers: Doomsday sur Disney+ suggère aux spectateurs une liste de films à revoir avant la sortie du blockbuster en décembre, et Shang-Chi and the Legend of the Ten Rings n’y figure tout simplement pas. Deadpool & Wolverine non plus. Simu Liu, qui incarne Shang-Chi depuis 2021, a découvert l’omission sur Threads et lâché un seul mot en guise de commentaire, « typical », soit « typique » en français, une réponse sèche qui condense cinq années de frustration accumulée.
En attendant la sortie, la bande-annonce officielle d’Avengers: Doomsday confirme déjà l’ampleur du blockbuster attendu en décembre.
La watchlist retenue par Marvel Studios comprend Avengers: Endgame, Avengers: Infinity War, Avengers: Age of Ultron, The Fantastic Four: First Steps, Thunderbolts*, Black Panther: Wakanda Forever, Thor: Love and Thunder et X-Men. Huit titres soigneusement alignés pour baliser le chemin narratif du Multiverse Saga, huit titres parmi lesquels le film solo de Shang-Chi, pourtant auréolé d’un succès critique et commercial à sa sortie, brille par son absence. Que l’oubli relève d’un choix éditorial délibéré ou d’une négligence promotionnelle ne change pas grand-chose au résultat perçu par les fans et par l’acteur lui-même.
Liu avait déjà exprimé début juillet sur Threads un souhait d’une modestie désarmante, celui que « l’existence de Shang-Chi soit au moins reconnue ». Le héros aux Dix Anneaux n’a bénéficié d’aucune apparition en prise de vues réelles depuis son film inaugural, pas de caméo dans un autre long-métrage, pas de série dédiée sur Disney+, pas même l’annonce officielle d’un Shang-Chi 2. L’acteur sino-canadien a confié à ce sujet qu’il « ramperait sur du verre brisé » pour tourner une suite, tout en admettant que « certaines choses échappent à son contrôle ».
Le paradoxe mérite qu’on s’y arrête. Liu est bel et bien confirmé dans Avengers: Doomsday, a tourné ses scènes, participé au panel du San Diego Comic-Con 2026 avec enthousiasme, décrit l’expérience comme « un rêve devenu réalité » après avoir acheté son billet pour Endgame en tant que spectateur lambda quelques mois avant d’être annoncé dans le MCU. Il a longuement détaillé ses séquences de combat face au Gambit de Channing Tatum, saluant un partenaire « qui bouge vraiment bien » et avec lequel il partage le goût de la chorégraphie physique sans doublure. Il a évoqué un Shang-Chi « plus mature, plus confiant », familier désormais avec la maîtrise des Dix Anneaux, prêt à affronter aussi bien Gambit que le Doctor Doom de Robert Downey Jr. Et pourtant… la plateforme de diffusion de son propre studio l’efface de la feuille de route recommandée aux spectateurs.
Liu a aussi révélé à People que ses moments les plus marquants sur le plateau restent ses échanges avec Sir Patrick Stewart et Sir Ian McKellen, « pas seulement pour leurs rôles dans X-Men, mais parce que j’ai grandi en fan absolu de Star Trek: Next Generation et du Seigneur des Anneaux ». L’acteur compare l’ensemble du tournage à « cette sensation d’être dans un bac à sable avec des figurines quand on est enfant, sauf que maintenant on est l’une des figurines ». La formule est jolie, elle dit aussi quelque chose d’involontaire sur la hiérarchie interne du MCU, où certaines figurines occupent le devant de la vitrine et d’autres restent rangées dans le fond du tiroir.
Que Shang-Chi ait été relégué au hors-champ promotionnel alors même que son interprète vante un personnage « plus grand combattant de l’univers Marvel » illustre un décalage persistant entre la promesse narrative du personnage et sa place réelle dans l’écosystème du studio. Marvel Studios semble traiter Doomsday comme une correction de trajectoire, une réintroduction à grande échelle d’un héros laissé en jachère, du moins si l’on en croit les déclarations enthousiastes de Liu. Encore faudrait-il que la machine promotionnelle accompagne le mouvement plutôt que de le contredire par un oubli sur une page Disney+.
Un mot, « typical », et toute l’architecture d’un malaise résumée en sept lettres.

