Le blog espagnol officiel de Lenovo a dévoilé ce 10 août la liste intégrale des smartphones Motorola promis à Android 17, et le décompte donne le vertige tant il embrasse large, des pliables Razr les plus extravagants jusqu’aux modestes Moto G37, soit plus de cinquante appareils alignés comme à la parade. Le déploiement stabilisé a déjà commencé aux États-Unis sur le Motorola Edge 2025, premier appareil non-Google à recevoir le build final, ce qui fait du constructeur de Chicago un sprinter inattendu dans la course aux mises à jour.
Motorola, longtemps moqué pour sa lenteur à distribuer les nouvelles versions d’Android, a cette fois devancé Samsung en ouvrant son programme bêta quelques jours à peine après la sortie de l’Android 17 Beta 1 de Google. Le programme n’a pas été réservé aux flagships dorés sur tranche, puisque de nombreux Moto G budget y ont eu accès dès le départ, signe que la marque entend désormais irriguer toute sa gamme sans distinction de prix. Peut-on encore parler de retardataire quand on coiffe au poteau le géant coréen de onze jours ?
La feuille de route officielle dessine un calendrier très étagé, étalé sur près de six mois entre le premier et le dernier appareil servi. Le Motorola Signature (2026), les Razr 70 Ultra, Plus et standard, ainsi que les Razr 2025 et 2026 dans toutes leurs déclinaisons (Ultra, Plus, Fold) recevront la mise à jour entre août et septembre 2026. Les Edge 60 (Stylus, Pro, Fusion, standard) et l’Edge 50 Ultra suivront en octobre-novembre, tandis que la constellation Edge 70, avec ses huit variantes (Pro Plus, Pro, Max, Neo, Plus, Fusion Plus, Fusion, standard), sera traitée dans la même fenêtre que les pliables prioritaires. La gamme Moto G, elle, devra patienter jusqu’à fin 2026 voire début 2027 pour les modèles les plus accessibles, notamment les G37, G47 et G57.
L’inventaire complet des Moto G éligibles ressemble à un annuaire tant la liste est dense, du G Stylus 2026 au G Play 2026, en passant par les G87, G86, G86 Power, G77, G77 Power, G67, G57 Power, G Max et leurs aînés de 2025. Motorola ratisse si large qu’on peine à trouver un modèle récent laissé sur le carreau… à une exception près, et elle fait grincer des dents.
Le Motorola Edge 60 Neo, lancé avec la promesse solennelle de cinq mises à jour majeures (jusqu’à Android 20, rien que ça), brille par son absence sur les fiches support officielles. Aucune confirmation explicite d’Android 17 pour cet appareil, alors même que sa garantie logicielle devrait en faire un candidat automatique. L’éligibilité reste hautement probable selon les observateurs spécialisés, du moins tant que Motorola n’a pas formellement démenti, et l’omission pourrait n’être qu’un oubli administratif sur les pages produit. Les possesseurs de ce modèle ont toutefois de quoi s’impatienter.
Android 17 ne se résume pas à un changement de numéro de version sur l’écran « À propos du téléphone ». La surcouche HelloUI de Motorola profite de cette itération pour introduire les Live Updates, ces notifications dynamiques qui s’enroulent autour de la caméra frontale à la manière de la Dynamic Island d’Apple, transformant le poinçon selfie en hub d’informations contextuelles. L’assistant Moto AI, rebaptisé Qira, gagne en capacités conversationnelles, les réglages d’écran de verrouillage ont été entièrement repensés, et le moteur haptique a été recalibré pour offrir des retours tactiles plus granulaires. L’ensemble promet de donner un coup de fouet à l’expérience utilisateur sur des dizaines de millions d’appareils en circulation.
Pour vérifier si la mise à jour est disponible sur votre appareil, le chemin reste le même depuis des années, à savoir Réglages, puis Système, puis Mises à jour système. Le déploiement s’effectuera par lots selon la région et l’opérateur, ce qui signifie que deux propriétaires du même téléphone dans deux pays différents pourraient attendre des semaines d’écart avant de voir apparaître la notification tant espérée.
Cinquante modèles sur six mois, un pliable Razr 70 servi en même temps qu’un Edge 70, un Moto G37 à moins de 150 euros promis à la même version d’Android qu’un flagship à 1 000 euros, voilà qui dessine une ambition que Motorola n’avait jamais affichée avec autant de panache, et qui pose une question fascinante pour la suite : Samsung, OnePlus et Xiaomi suivront-ils le rythme, ou laisseront-ils le constructeur américain savourer seul cette avance inattendue ?

